Le programme de dépistage et de prévention avait été mis en place pour un an, en octobre 2008, au sortir de la crise de la listériose. Tous les mois, les fromageries étaient visitées par des inspecteurs du MAPAQ afin de détecter la présence de Listeria monocytogenes, E. coli, Salmonella et Staphyloccocus aureus. Le but était de rassurer les consommateurs sur la qualité des fromages québécois et de guider les fromagers vers l'autocontrôle. La facture était estimée à 1 million $.
Le programme a été prolongé jusqu'à la fin de 2009 à la suite d'une recommandation de la protectrice du citoyen. Mais depuis, c'est le vide. Théoriquement, les fromageries doivent être inspectées sur la base du risque, comme tout autre transformateur alimentaire. Mais dans les faits, peu d'entre elles ont été visitées. Il faut dire que le début de l'année est une période particulièrement tranquille. La production tourne au ralenti après le boum des ventes de Noël. De plus, chèvres et brebis sont taries en attendant les naissances du printemps.
Considérant que l'industrie n'est pas prête à voler de ses propres ailes, le MAPAQ propose maintenant de reconduire à nouveau le programme de dépistage et de prévention.
Selon des chiffres obtenus par Le Soleil, environ 40 % des petites fromageries québécoises possèdent toujours un système de contrôle de la qualité jugé «faible» par les autorités sanitaires.
Une proposition a été faite aux fromagers pour couvrir «100 % des frais d'analyse» et établir la fréquence des inspections, soulignait mardi Michel Houle, de la Direction de l'inspection des aliments du MAPAQ, lors d'un colloque sur la qualité qui se tenait à Québec. Il n'est pas acquis que les visites soient aussi nombreuses que l'an dernier.
«Graduellement, le Ministère tend à se retirer du programme pour demander aux entreprises de mettre leurs propres contrôles», a expliqué M. Houle. Si cela n'est pas déjà fait, c'est parce que «ça prend plus de temps que ce qu'on avait pensé au départ», car il faut mettre en place des procédures de contrôle de la production autant que du produit fini.
Les fromagers artisans ont dénoncé l'omniprésence des inspecteurs dans leurs établissements depuis la crise de la listériose, jugeant qu'ils connaissaient mal leur réalité et faisaient preuve d'un zèle excessif. Le MAPAQ a réagi en formant une escouade d'une vingtaine d'inspecteurs spécialisés dans la transformation laitière.











