Andréa déguste une bonne crêpe à la Sucrerie Busque et fils, en Beauce.
Collaboration spéciale Luce Dallaire
Comme les grands, l'enfant de huit ans s'amuse à fond à la cabane à sucre, fait le plein d'énergie. «Ça goûte bon et j'aime ça», dit-elle simplement.
«L'hiver est parfois long», confie Hélène, qui a profité de son samedi pour sortir prendre l'air.
«Aujourd'hui, les rayons du soleil se faufilent à travers les branches des arbres, réchauffent les érables. La sève coule et tinte en cadence dans le fond des chaudières. Le ciel bleu, le sirop ambré, la tire dorée : que de couleurs, d'odeurs et de saveurs! Je respire et retrouve mes racines, dit-elle. Je me sens revivre : un véritable tonifiant printanier!»
À travers les beautés et les délices de cette saison des sucres, le propriétaire, Carol Busque aux petites heures s'est pourtant levé pour préparer la tablée du premier groupe de 150 personnes.
«Ici, tout est fait maison. Notre renommée repose sur la qualité de la nourriture, dit-il. Nous cuisons notre pain. Mille pains en tout. En saison, nous servons 1200 livres de notre saucisse. Il faut compter 3500 livres de lard salé seulement pour les grillades. Après la soupe aux pois, nos convives se servent oeufs, jambon, patates, omelette et fèves au lard nappés, bien évidemment, de sirop d'érable.»
Un départ exceptionnel
Tout en faisant glisser une crêpe dans l'assiette à dessert, l'acériculteur qui a pris la relève de la cabane à sucre familiale de son défunt père Oliva il y a 17 ans s'étonne du remue-ménage du calendrier 2010.
«C'est parti en fou!... presque trois semaines d'avance. Nous fêtons nos 30 ans. En autant d'années, jamais je n'ai vu ça», dit Carol Busque.
«Opérer une cabane à sucre traditionnelle avec 3800 entailles, au cachet rustique et authentique, sans système de tubulures relève déjà du défi, mais quand Dame Nature nous presse il faut se démener pour entailler, accrocher les chaudières, ramasser l'eau et bouillir», fait-il valoir.
«Le sirop est excellent»
Les producteurs ignorent si la saison, bien qu'hâtive, sera courte ou non. Le fait d'avoir beaucoup ou peu de neige au sol ne change rien. «Tant que ça gèle la nuit et que la température est adéquate le jour, il n'y a pas de problème, dit l'homme. Habituellement, nous recevons les gens jusqu'au 24 avril.»
Les acériculteurs ne savent pas non plus quelle quantité de sirop sera produite par entaille: 2,65 livres comme en 2009 ou 1,56 livre comme en 2008? Cela fait une réelle différence : la production de sirop a atteint 109,4 millions de livres en 2009 au Québec (75% de la production mondiale) contre 58,8 millions de livres l'année précédente.
«La saison est prometteuse. Quoi qu'il en soit, le sirop est excellent. Son goût est exquis, dit M. Busque. Au moment de la coulée, c'est avec fierté et satisfaction, pour le plus grand plaisir des yeux et du palais que nous identifions du beau A. C'est de l'or blond à son meilleur.»












