Trop d'amateurs se contentent encore d'une sortie à la cabane à sucre au mois de mars, où ils déversent des quantités phénoménales de sirop sur leurs crêpes jusqu'à s'en écoeurer, constate Geneviève Béland, de la FPAQ. «Il y a tout un potentiel de saveurs pour la cuisine, qui sont autrement impossibles à créer», fait-elle valoir.
D'où la publication de recettes en livrets et en ligne ainsi qu'une présence continue dans les magazines féminins. Cent «créatifs de l'érable», dont les adresses réunies forment la route de l'érable, se prêtent aussi au jeu. Martin Gagné, chef du restaurant La Traite, de l'Hôtel-musée des Premières Nations, à Wendake, en fait partie. Il avoue utiliser tout naturellement l'ingrédient chéri pour ses menus inspirés de la forêt. Il en badigeonne du saumon fumé, concocte des vinaigrettes et des sauces pour les grillades, le mélange avec du chocolat. Les quantités, dit-il, sont importantes. «Ça reste très sucré. Il faut bien doser pour qu'on retienne le goût d'érable», explique-t-il au Soleil.
Dans les petits pots
Une autre façon de stimuler la demande pour le sirop d'érable, c'est d'en inclure dans d'autres produits. L'industrie de la transformation alimentaire est invitée depuis longtemps à l'utiliser comme ingrédient. Les difficultés d'approvisionnement et les variations de prix des dernières années ont toutefois fait peur aux entreprises qui envisageaient cette possibilité. Il faut dire que la concurrence des autres produits sucrants, moins chers et toujours disponibles, est féroce.
Si la science permet un jour d'extraire les molécules bénéfiques de l'eau d'érable, celles-ci pourront également être ajoutées à d'autres aliments ou dans des produits cosmétiques pour les bonifier. Sous forme de concentré, elles pourraient même être vendues dans les boutiques de santé naturelle. Cela permettrait de bonifier les rejets de sève en début et en fin de saison et même l'eau détournée de la bouilloire par la technique d'osmose inversée, qui concentre la sève appelée à devenir du sirop. Plusieurs soupçonnent que toute cette eau rejetée n'est pas exempte de qualités.











