Filière agroalimentaire de 42 millions $ dans Charlevoix

La Maison d'affinage Maurice Dufour est le parfait... (Maison d'affinage Maurice Dufour)

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La Maison d'affinage Maurice Dufour est le parfait exemple du terroir charlevoisien et de sa synergie. Les fromages, qu'on déguste aux différentes tables de la région, sont fabriqués à partir du lait de brebis élevées dans la bergerie voisine.

Maison d'affinage Maurice Dufour

 

Sylvain Desmeules, collaboration spéciale
Le Soleil

(Baie-Saint-Paul) Dans Charlevoix, il n'existe pas de méga-entreprise en alimentation ou en agriculture, mais en revanche, une fois toutes les petites entreprises réunies, la filière agroalimentaire, celle des produits du terroir qui font sa renommée, représente une industrie majeure de 42 millions $.

Pour Stéphane Simard, la pérennité de la production... (Photo Marc Archambault) - image 1.0

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Pour Stéphane Simard, la pérennité de la production de niche n'est plus discutable.

Photo Marc Archambault

Le fromage Migneron, la bière Dominus Vobiscum, l'agneau de Charlevoix, le porc biologique, le canard de la Ferme basque ou encore le fameux veau de Charlevoix ne sont pas des produits inconnus pour vous. Sachez aussi qu'ils donnent du travail à plus de 325 personnes pour une masse salariale de 7,4 millions $.

L'agent de développement du CLD, Stéphane Simard, assure que ces chiffres de 2009 sont modestes.

«De ces entreprises, en 1990, il n'y en avait que cinq et on était encore loin du produit de niche. Vingt ans plus tard, il y en a près de 40 et la beauté, c'est que le tiers exportent hors Québec», décrit-il.

Pour le président de l'UPA, Jean-Raphaël Bouchard, lui-même éleveur de boeuf Angus transformé à la ferme, «l'avenir de l'agriculture dans Charlevoix passe par la production de créneau. Trente-cinq pour cent des producteurs [une centaine] sont dans un secteur». Mais la route a été longue pour arriver à en faire une économie reconnue et solide. «Il y a 20 ans, les gens qui voulaient faire différemment étaient des extraterrestres. Les établissements financiers ne prêtaient que pour la production de masse. Il a fallu s'adapter, et vite», dit-il.

Maurice Dufour, fondateur de la maison d'affinage du même nom à qui on doit par exemple le Migneron, avoue que c'est «pouce par pouce, acre par acre qu'on a réussi. On a dû faire tomber les embûches. En accolant la vocation agrotouristique à celle de l'agroalimentaire, là encore on a innové. Nous, les producteurs du terroir, on ne construit pas juste une entreprise, mais une société autour», dit-il.

La Route des Saveurs fondée à la fin des années 90 a été un concept repris par d'autres régions. Aujourd'hui, celle de Charlevoix regroupe 40 producteurs, transformateurs et récepteurs. Elle a aussi un effet d'entraînement pour de nouveaux producteurs.

L'héritage

Éric Simard, qui produit du canard, de la pintade et du faisan aux Élevages Saint-Laurent, admet que la ligne tracée par les pionniers facilite les choses. «La façon artisanale de produire était pour nous la seule option. Cet héritage de production du terroir nous sert. Ça permet d'être rapidement compétitif au niveau de la qualité et de la plus value», dit-il. C'est devenu un entrelacement d'expertises. Le canard sert à la saucisse de l'autre, tandis que le troisième l'apprête, saupoudrée d'un fromage de la place, avec des légumes du voisin, elle devient accompagnement pour celui qui choisit le poulet bio et ainsi de suite.

Pour Stéphane Simard, la pérennité de la production de niche n'est plus discutable. «Contrairement à l'agriculture traditionnelle, ces entreprises dépendent moins de facteurs externes. Ces gens ont développé un marché et un goût. Ils ont su faire une promotion qui a fait passer un produit marginal à usage courant», analyse-t-il, ajoutant qu'on discute de plus en plus d'un sceau «Charlevoix». Pas étonnant dans ce contexte que, récemment, des groupes de la Colombie-Britannique et de la Saskatchewan s'intéressent à ce modèle économique, ni que Tourisme Charlevoix étale ces produits typés pour sa promotion sur le marché ontarien.


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