Le programme Adieu bazou surchauffe

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«Ça dépasse tout ce qu'on a vécu avec... (Photothèque Le Soleil)

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«Ça dépasse tout ce qu'on a vécu avec des programmes similaires ces dernières années», s'enthousiasme André Bélisle, de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique.

Photothèque Le Soleil

Éric Moreault
Le Soleil

(Québec) Faites de l'air, la version québécoise du programme fédéral Adieu bazou, continue d'être victime de son succès, au point où on atteint 5000 appels par semaine! Un chiffre qui donne le tournis à André Bélisle : «Ça dépasse toutes nos prévisions. On demande aux gens d'être indulgents.»

Ce programme de retrait des véhicules automobiles vieux de 15  ans, qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), est tellement populaire que bien des citoyens se butent à une ligne téléphonique occupée. Une fois le contact établi, il faut parfois attendre jusqu'à un mois avant qu'un recycleur accrédité récupère le bazou.

En avril, le gestionnaire, l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), comptait sur deux téléphonistes. Aujourd'hui, elles sont huit! En fait, l'AQLPA est passée d'un permanent, le président Bélisle, à 18 employés. «Ça dépasse tout ce qu'on a vécu avec des programmes similaires ces dernières années.» On suggère d'ailleurs aux gens de s'inscrire en ligne (www.adieubazou.ca/retire-now.aspx).

La publicité, mais surtout les rabais offerts par les constructeurs automobiles, ont dopé la demande. Encore hier, General Motors annonçait qu'elle offre un rabais de 500  $ à 3000  $ à ceux qui veulent s'inscrire au programme. De telles offres, pas du tout désintéressées - les manufacturiers veulent écouler leurs véhicules -, causent toutefois leur lot de problèmes.

«Certains concessionnaires tour­nent les coins rond pour vendre au lieu de respecter la procédure, ce qui fait augmenter le nombre d'appels», tempête M. Bélisle.

Il souligne que la priorité du programme n'est pas de vendre des autos, mais bien de favoriser l'amélioration de la qualité de l'air et l'utilisation de moyens de transport plus écologiques. Il ajoute néanmoins que la majorité des consommateurs optent pour des petites voitures, «ce qui est bon pour la réduction des GES et des autres polluants à l'origine du smog». Les véhicules datant  1995 ou d'avant génèrent 19  fois plus de pollution atmosphérique que les véhicules fabriqués à partir de 2004.

Ceux qui se débarrassent de leur vieille voiture ont le choix entre une remise de 300 $ en argent, six mois de titres de transport sur le Réseau de transport de la Capitale (RTC) ou à la Société de transport de Lévis (STL), un abonnement au service Communauto ou un crédit pouvant atteindre 420  $ sur l'achat d'un vélo.

La popularité du programme, au Québec, est indéniable, mais elle rejoint aussi le reste du pays. Plus de 15 000 automobilistes

se sont prévalus de cette prime à la casse, ce qui a réduit de 813  tonnes les émissions génératrices de smog.

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