Déneigement: une note plus salée pour les clients

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Déneigement: une note plus salée pour les clients

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Il faudra débourser davantage cet hiver pour faire déblayer la cour.

Photothèque Le Soleil

Alexandre Noël
Le Soleil

Avec des hausses de prix des contrats de déneigement variant entre 15 et 40 %, les clients des déneigeurs devront vraisemblablement payer la note cet hiver.

Des clients ont tout simplement abandonné l'idée de faire déblayer leur cour. «Ça nous a donné un choc de voir la différence qu'il y avait avec 2007», s'est exclamée Mireille Désilets, une résidante de Lévis. Habituée à des augmentations de 10 $ l'an, le bond de 75 $ (25 %) pour cet hiver n'a pas passé.

Elle et son conjoint ont acheté un abri temporaire. «Ça coûte plus cher, mais dans deux ans et quelque mois il va être payé avec le prix du déneigement maintenant», calcule-t-elle.

En général, les hausses de tarif représentent une dizaine de dollars par année sur un contrat entre 300 et 400 $. Mais cette année, les augmentations atteignent jusqu'à 40 %, indique Philippe Camirand, d'Entretien Phil-Cam. «On y va au cas par cas. Mais avec le prix de l'essence et le coût des dépôts à neige, qui a doublé pour nous, avec l'harmonisation des coûts par la Ville de Québec, c'est entre 20 et 40 % d'augmentation.» Les hausses les plus importantes touchent cependant les clients qui font transporter leur neige, précise M. Camirand.

En plus du tarif qui a augmenté, une nouvelle clause est apparue sur certains contrats: la quantité maximale de neige. L'entreprise de M. Camirand l'a fixée à 320 cm en se basant sur la moyenne de précipitation, d'Environnement Canada. «C'était déjà dans le commercial, là on l'applique dans le résidentiel», justifie-t-il. Les centimètres qui tomberont en plus seront facturé au prorata.

Chez Les Gazonniers du Cap, le propriétaire Claude Gervais explique sa hausse de tarifs de 15 % par la flambée du prix du carburant et l'inflation. Le contrat inclut des chutes de neige totales de 300 cm, le surplus est aussi facturé au prorata du montant du contrat. «Deux hivers de même pis j'ai pu de maison, pu rien. Je suis déculotté», a lancé M. Gervais pour illustrer à quel point la dernière saison froide a été désastreuse.

«À Trois-Rivières, je pense qu'il y a des déneigeurs qui ont augmenté de 45 %», raconte Bruno Breton, de Déneigement B. B. Pour un maximum de 350 cm de neige, le déneigeur a haussé ses tarifs de 25 à 30 %, «à peu près comme les autres déneigeurs de la Rive-Sud». Les centimètres en excédent coûtent 0,50 $ chacun.

«Avec les hivers normaux, il tombe environ 300 cm. Avec 350, ça permet aux clients d'avoir un lousse. Il faut que le monde comprenne que nous, à la fin, il ne nous en reste pas plus dans les poches», explique-t-il.

Ce ne sont cependant pas tous les déneigeurs qui ajoutent des clauses de durée, de quantité maximale ou qui augmentent leurs prix de 15 % à 30 %.

Propriétaire de Déneigement universel, Americo Amaro a augmenté ses prix un peu plus qu'à l'habitude, mais n'entend pas inclure de clauses spéciales dans ses contrats. «J'augmente mes prix un petit peu plus, mais je n'ai pas de clauses. Je n'ai pas demandé de contribution volontaire l'année passée, rien. L'hiver d'avant, il n'y a pas eu beaucoup de neige et il n'y a pas un déneigeur qui a remboursé ses clients. J'ai besoin de mes clients et mes clients ont besoin de moi», fait valoir M. Amaro qui dit «être arrivé» l'an dernier sans par contre faire de profits. Il va plus loin en fustigeant certains déneigeurs. «Les clauses, c'est pour les gars qui ne savent pas compter.»

Deux de suite?

«Définitivement pas», voilà ce que répond André Cantin quand on lui demande si on peut s'attendre à un hiver aussi neigeux en 2008-2009.

«Climatologiquement, quand on regarde la période de récurrence d'un hiver comme celui-là, on parle de 75 à 100 ans», note le météorologue. Il ne faut pas oublier que le record battu l'an dernier datait de l'hiver 1965-1966 pour des mesures prises à l'aéroport de Québec.

Depuis que les premières mesures de chute de neige sont comptabilisées, il n'a jamais neigé autant sur Québec. Cette première mesure date de 1872 et a été prise sur les plaines d'Abraham, où 551,1 cm s'étaient entassés.

«Les sites ne sont pas les mêmes, il existe d'assez bonnes différences entre les deux endroits», ajoute M. Cantin. Malheureusement pour les curieux, aucun modèle ne peut prédire efficacement la quantité de neige qui tombera sur la région cet hiver. Par contre, les données recueillies au fil des ans indiquent que Québec a 100 % de chances de connaître un Noël blanc.

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