Plusieurs analystes croient que le secteur devrait plutôt bien s'en tirer cette année. Les marges de profits des grands détaillants seront toutefois mises à rude épreuve.
À la veille de la plus importante période d'achalandage de l'année, plusieurs commerçants affichent déjà leur couleur : solde, solde, solde. Le but étant d'attirer au plus tôt des clients dans les grands magasins à rayons.
Il faut dire que pour Wal-Mart, Costco, Canadian Tire, La Baie, Zellers et Sears notamment, la promotion d'articles à rabais n'a rien de nouveau. Mais en cette année de grands chambardements, plusieurs grandes chaînes ont décidé de revoir leur façon de faire.
Cette année, les consommateurs doivent s'attendre à voir sur les tablettes des commerçants davantage de produits sous les 25 $. Il faut savoir que certains détaillants ont des entrepôts remplis et que le temps des Fêtes est l'occasion de faire baisser les inventaires. Dans certains cas, la période de Noël représente 50 % des ventes annuelles.
En clair, on n'attire pas les mouches avec du vinaigre. Les soldes, les rabais et les incitatifs à l'achat n'ont jamais été aussi à la mode chez les grands détaillants.
Plusieurs analystes sont également d'avis que les commerçants pourraient embaucher moins d'employés cette année pour travailler dans leurs magasins et leurs entrepôts.
Chez Valeurs mobilières Desjardins (VMD), l'analyste Keith Howlett avance que la baisse des prix de l'essence aura un impact important sur la dépense de consommation des ménages. «Nous pensons que la prime sur l'essence laissera dans les poches des consommateurs plus de 1,5 milliard $ en novembre et en décembre au Canada», calcule-t-il.
L'analyste de VMD rappelle qu'en juillet, le litre d'essence ordinaire se vendait 1,47 $ et qu'il se situe ces temps-ci près des 90 ¢.
Et la baisse du dollar canadien? Une mauvaise affaire pour les commerçants qui doivent s'alimenter aux États-Unis. Mais un frein aux consommateurs qui voudraient s'aventurer de l'autre côté de la frontière pour y faire leurs emplettes.
Keith Howlett soutient que la morosité économique observée aux États-Unis n'a toujours pas gagné le Canada. En ce sens, il anticipe les coups durs à venir en 2009, où d'importantes mises à pied pourraient avoir lieu ici. La consommation des ménages sera alors appelée à se contracter rapidement, prévient-il.
L'analyste de VMD note que le taux d'endettement des Canadiens a augmenté considérablement ces dernières années alors que les revenus n'ont pas autant progressé. Il remarque que les consommateurs en retard dans leurs paiements hypothécaires ne sont toutefois pas légion au pays (moins de 1 % en août).
Dans ce contexte, l'analyste estime que trois détaillants de produits de base pourraient tirer leur épingle du jeu au cours des prochains mois, soit l'épicier Metro, les pharmacies Jean Coutu et Pharmaprix (Shoppers Drug Mart).
Dans le cas de Pharmaprix, la très bonne rentabilité de la société en Ontario, là où l'économie est au neutre et là où elle compte 50 % de ses magasins, n'en finit plus de surprendre les analystes.
Au troisième trimestre, la société a augmenté de 10 % son chiffre d'affaires en multipliant les promotions et les incitations à l'achat. Résultat : le bénéfice par action a offert une poussée de 15 %. L'an dernier, Pharmaprix a engrangé des revenus de 8,48 milliards $.
Chez Scotia Capital, l'analyste Ryan Balgopal pense de son côté que les perspectives de croissance de Pharmaprix sont de loin supérieures à ses rivaux. Il recommande l'achat du titre avec un prix cible de 62 $ d'ici un an.
L'analyste Keith Howlett indique que la performance de Pharmaprix est de loin la plus reluisante dans l'industrie de la pharmacie (vente au détail) en Amérique du Nord. Il fixe donc un prix cible de 49 $ sur le titre.
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