Visiblement, l'objectif du mode de versements égaux (MVE) n'a pas été atteint. Mis en place pour stabiliser les paiements des consommateurs, c'est tout le contraire qui se produit, juge l'organisme Option consommateurs. Le porte-parole Olivier Bourgeois soutient que le nombre d'erreurs de facturation ne se limiterait pas à 120 000 abonnés, mais dépasserait les 300 000 sur 1,3 million d'inscrits au MVE.
Jusqu'à preuve du contraire, les consommateurs devront payer pour l'électricité consommée, peu importe le mode de paiement choisi. Le MVE étant une estimation de la consommation, ce qui a été utilisé doit être payé malgré les erreurs faites par la société d'État. Si des consommateurs ont le réflexe de porter plainte à l'Office de la protection du consommateur, ils n'y trouveront pas d'aide. Hydro-Québec n'est pas soumise aux règles de l'OPC, mais relève de la Régie de l'énergie du Québec (REQ).
À la REQ, on ne donne pas d'entrevue. Par contre, la procédure est assez claire. Le consommateur doit d'abord tenter de s'entendre avec Hydro-Québec, avant de porter plainte à Hydro-Québec. S'il n'y a pas d'accord entre les parties, le consommateur pourra déposer une plainte à la REQ, qui verra si cette dernière est recevable et s'il faut tenir une audience pour résoudre le conflit.
L'informatique en cause
Le problème aurait été causé lors du transfert des renseignements pour la facturation avec le changement du système informatique. Hydro-Québec, qui n'avait pas rappelé Le Soleil au moment d'écrire ces lignes, a promis d'établir une ligne téléphonique dédiée aux abonnés qui constateront des hausses de leur mensualité (1 800 569-2577). Le processus, qui doit commencer aujourd'hui, durera jusqu'au mois d'octobre.
Selon Option consommateurs, la majorité des gens ayant des problèmes avec la mauvaise évaluation de leur consommation verront leur MVE grimper de 20 % à 60 %. Et 1,7 % des clients touchés subiront une augmentation de plus de 60 %. «Une erreur d'estimation de consommation de 50 % ferait passer une facture mensuelle de 150 $ à 225 $. C'est un dur coup, lance M. Bourgeois. Le MVE passe complètement à côté de ses objectifs.»
Pour l'instant, l'organisme de défense des consommateurs n'a pas pris de décision sur la possibilité d'intenter un recours collectif contre Hydro-Québec. On analyse cette avenue et quelques autres aussi. Option consommateurs fait tout pour s'assurer que la société d'État n'impose pas de frais administratifs à ses clients à cause des erreurs de facturation. Les frais, ou les intérêts sont de 1,2 % par mois, soit près de 15 % par année. On conseille au consommateur de faire des vérifications de sa consommation en regardant sa dernière facture et certaines autres des deux dernières années pour comparer la consommation réelle sur quelques mois. Elle est indiquée dans un tableau au bas de la facture avec un historique des deux derniers mois. Facture en main, le consommateur pourra donc savoir ce qui se passe dans son cas.
Dans un communiqué publié ce matin, le député de Jonquière et porte-parole de l'opposition en matière d'énergie, Sylvain Gaudreault, trouve inacceptable la tentative d'Hydro-Québec de faire payer ses erreurs de facturation à 120 000 abonnés.
«Ce n'est pas aux clients d'assumer les erreurs d'Hydro-Québec.» Il souligne que dans le site Internet d'Hydro-Québec, on peut lire que le MVE est la meilleure façon de gérer le paiement des factures d'électricité. «C'est de la foutaise pour des milliers de familles qui recevront une facture surprise à cause d'un nouveau système informatique mal implanté. Et Hydro-Québec a pris plus d'un an avant de se rendre compte de sa bêtise. Après les hausses de tarifs de 18 % depuis 2004, c'est trop pour ces familles», a-t-il ajouté.











