Il s'agit de la quatrième et dernière entreprise alimentaire dénoncée par la Coalition québécoise sur la problématique du poids à faire son mea-culpa devant l'Office de la protection du consommateur (OPC). Pour avoir produit de la publicité commerciale destinée aux enfants, Les Restaurants McDonald's du Canada ltée doivent maintenant payer une amende de 12 000 $, soit 2000 $ pour chacun des six chefs d'accusation déposés contre eux.
Les faits reprochés remontent à décembre 2007 et janvier 2008. La publicité illégale montrait deux jeunes écoliers offrant des croquettes de poulet à demi mangées à leur enseignante. Une bande-annonce intégrait également l'arche dorée de McDonald's - logo reconnu par plusieurs enfants dès l'âge de deux ans! - au sommet d'un sapin de Noël. Cela alors que l'auditoire de Ciné-cadeau est composé majoritairement de jeunes de moins de 13 ans.
Dans une réponse formatée, transmise aux médias par courriel, le directeur des communications de McDonald's pour la région de l'Est, Jason Patuano, plaide l'erreur. «Nous travaillons sans relâche à nous assurer que nous respectons des pratiques publicitaires responsables. Nous avons toujours eu un souci de grande transparence et été d'ardents défenseurs de l'imputabilité dans ce domaine. Bien que ce soit involontaire, nous acceptons la responsabilité du programme de marketing dont il est question ainsi que des plaintes qui en découlent», écrit-il. Invité à expliciter le caractère «involontaire» de l'infraction, M. Patuano n'a pas répondu au Soleil.
Dernier règlement
Jean-Jacques Préaux, porte-parole de l'OPC, confirme qu'il s'agit de l'ultime règlement relatif aux plaintes déposées en bloc par la Coalition Poids. En décembre 2007, celle-ci dénonçait les techniques de marketing douteuses de McDonald's, mais aussi celles de Saputo, qui faisait la promotion de gâteaux dans des garderies, de General Mills, qui exploitait un site Internet dédié aux enfants, et de Burger King, qui faisait la promotion de ses menus avec des jouets promotionnels.
Suzie Pellerin, directrice de la Coalition Poids, était agréablement surprise, lundi, du plaidoyer de culpabilité de McDonald's, qu'elle attendait «avec impatience». Saputo s'est reconnue coupable d'avoir enfreint la Loi sur la protection du consommateur dès janvier. General Mills a suivi en février et Burger King, en mai. «Curieusement, le règlement survient la première journée des vacances de la construction, alors que le Québec en entier est à l'extérieur, mais bon, on est contents», a laissé tomber Mme Pellerin, lundi, en entrevue téléphonique.
Son équipe travaille déjà à débusquer d'autres publicités d'aliments «sucrés, salés et gras» visiblement destinées aux enfants, de plus en plus nombreux à souffrir d'obésité. Seulement à la télévision, qui attire plusieurs jeunes consommateurs en période estivale, Mme Pellerin en a identifié trois qui lui semblent illégales. Des ressources externes vont évaluer les chances de voir le dossier aboutir à l'OPC. Si elles sont bonnes, d'autres plaintes seront déposées.
«Ce n'est pas une chasse aux sorcières, mais il faut inciter l'industrie à adopter de saines pratiques. [...] Ça fait 20 ans que la Loi [sur la protection du consommateur] existe et certains oublient qu'elle est là», dit la directrice de la Coalition Poids, qui invite les parents à être vigilants et à dénoncer eux aussi les pratiques controversées.











