La sollicitation omniprésente est l'objet des dénonciations des associations de consommateurs depuis des années, mais la Loi de la protection du consommateur n'a pas encore été changée pour encadrer ce qu'elle qualifie du plus grand facteur de risque d'endettement. «Nous espérons que la révision encours de la loi répondra à nos attentes», ajoute Nicole Petitclerc de l'ACEF de Québec.
Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve
Ce constat émis par la Coalition des associations de consommateurs du Québec (CACQ) dans sa lutte contre le surendettement montre que les quelque 600 émetteurs de cartes de crédit au pays ne font pratiquement jamais appel à l'intelligence des consommateurs, mais à leurs sentiments, sauf lorsqu'ils disent ou écrivent cette petite phrase : «Utilisez la carte de crédit intelligemment.»
Le reste du temps, la sollicitation sous toutes ses formes joue sur les émotions des clients potentiels en faisant miroiter les possibilités de combler tous leurs désirs en faisant croire qu'il s'agit de besoins.
«C'est un non-sens», affirmaient mercredi matin les représentants du GRAPE (Groupe de recherche en animation et planification économique) et des ACEF (associations coopératives d'économie familiale) de Lévis et de Québec. «Ces jeunes qui obtiennent leur première carte pendant leurs études commencent dans la vie active avec de la monnaie de plastique et un endettement qui hypothèque leurs revenus futurs», poursuit Robert Bilodeau, du GRAPE.
Il n'est pas étonnant que le thème de la campagne de sensibilisation soit «J'en avais tellement besoin, mais là je suis dans la marge jusqu'au cou». Pour rejoindre les jeunes dans leur monde, outre la création du site Web www.danslamargejusquaucou.com, on propose un groupe dans Facebook et une chanson dans un rythme de rap.
Le groupe de jeunes du Centre de formation professionnelle de Limoilou a appris en assistant à la conférence de presse que la moyenne d'endettement était de 4900 $. «Ça serait intéressant d'avoir des cours de budget à l'école, pas des cours sur la Bourse», lance l'une des étudiantes. Mais ces cours n'existent plus, poursuit M. Bilodeau en écorchant les «savants penseurs du ministère de l'Éducation qui ont laissé ça de côté. Le ministère et les commissions scolaires devraient accorder du temps pour ces informations de base».
La sollicitation omniprésente est l'objet des dénonciations des associations de consommateurs depuis des années, mais la Loi de la protection du consommateur n'a pas encore été changée pour encadrer ce qu'elles qualifient du plus grand facteur de risque d'endettement. «Nous espérons que la révision en cours de la loi répondra à nos attentes», ajoute Nicole Petitclerc, de l'ACEF de Québec.











