«La seule façon de sauver le projet, ce fut d'arriver à une entente tripartite avec le CN, Chemin de fer du Québec et Groupe Le Massif pour s'en porter acquéreur», a dit Daniel Gauthier, hier devant une vingtaine d'intervenants du milieu.
L'entente de principe sur 15 ans entrera en vigueur le 1er avril 2009. Groupe Le Massif effectuera sa réfection et en fera l'entretien. Il octroie au CN un droit d'utilisation pour le transport de marchandises en échange d'une participation financière de près de 3 millions $ à sa réparation, pour notamment améliorer la capacité portante et la rapidité.
La réfection commencera au printemps, soit 17 millions $ investis en un an, dont 11 millions $ proviennent des subventions gouvernementales incluses dans le projet de développement à proprement parler. Daniel Gauthier projette d'y faire rouler un train touristique et une navette ferroviaire à l'été 2010.
M. Gauthier a admis qu'au départ, il reluquait les six filiales de Chemin de fer du Québec, mais ce dernier a préféré l'offre du CN (49 millions $), excluant Chemin de fer Charlevoix. «Sans train, il nous fallait revoir le projet. Il faut comprendre que c'est l'élément rassembleur de tout Charlevoix et de la région de Québec. Le projet est basé sur le lien ferroviaire, et c'en était une condition de nos partenaires financiers», a expliqué M. Gauthier.
«Ce n'est pas la meilleure solution, mais c'est la seule. Je dis cela parce qu'il n'était pas dans nos intentions d'opérer un chemin de fer. Ce que nous faisons, c'est sauver le projet», a répété l'homme d'affaires.
Conséquence de cette négociation qui aura duré près d'un an, un retard de six mois dans le démarrage de la construction de l'hôtel de 150 chambres à Baie-Saint-Paul, là où se trouvait la ferme Filbaie avant d'être détruite par un incendie en juin 2007.
«Nous étions prêts à commencer en août, mais compte tenu de la situation, on a dû attendre. On retarde au printemps pour livrer en juin 2010 au lieu de novembre 2009», a confirmé le vice-président au développement, Benoit Milord.
En revanche, on a choisi d'intégrer plusieurs aspects du projet de front. Ainsi, en plus de la réfection de la voie ferrée, c'est le complexe hôtelier, la salle de spectacle, le marché public, la place publique et la gare qui seront construits entre les printemps 2009 et 2010.
S'ajoutent à cela la gare de Petite-Rivière-Saint-François et une télébenne pour relier la base de la montagne de ski. Dans des phases subséquentes jusqu'en 2013, M. Gauthier veut aussi offrir de l'hébergement près du centre de ski, agrandir la station et créer diverses activités et produits parallèles.
En tout, c'est un chantier de près de 70 millions $ sur une année qui débutera au printemps. «C'est juste le premier bloc qui décale de six mois, tout le reste respecte le calendrier», dira M. Gauthier. Sur le plan de départ à la présentation du projet à l'automne 2005, ce sont deux ans de retard qui auront été cumulés. Le promoteur espère maintenant que ce dénouement fera taire les rumeurs sur la réalisation du projet.










