L'industrie du chrysotile surprise des propos d'Ignatieff

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L\'industrie du chrysotile surprise des propos d\'Ignatieff

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Michael Ignatieff s'est montré favorable à l'idée de mettre fin aux exportations d'amiante chrysotile vers les pays en voie de développement.

La Presse Canadienne

Ian Bussières, collaboration spéciale
Le Soleil

(Thetford Mines) Le président de l'Institut du chrysotile, Clément Godbout, et le pdg de la société minière LAB Chrysotile, Simon Dupéré, se sont dits extrêmement surpris mardi des propos du chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, qui s'est montré favorable à l'idée de mettre fin aux exportations d'amiante chrysotile vers les pays en voie de développement.

Les commentaires d'Ignatieff, faits lors d'une rencontre de discussion ouverte à Saanich, en Colombie-Britannique, ont été rapportés mardi par l'Institut Rideau, qui milite pour une interdiction complète de l'amiante au Canada et saluait le leadership du chef libéral.

«M. Ignatieff reconnaît qu'il y a deux poids, deux mesures; d'un côté, le Canada dépense des millions de dollars pour faire enlever l'amiante des édifices du Parlement; de l'autre, il promeut l'exportation de l'amiante dans les pays en développement. Si l'amiante est à ce point mauvais qu'on le retire du parlement, a dit M. Ignatieff, il doit être mauvais pour les autres pays. Cela doit cesser», écrit Kathleen Ruff, conseillère en droits de la personne auprès de l'Institut Rideau, dans un communiqué publié mardi.

Surprise

Clément Godbout s'est dit surpris de cette déclaration, rappelant que tous les gouvernements du Canada qui se sont succédé avaient toujours défendu l'usage sécuritaire de tous les minéraux et métaux que le pays produit et exporte. «De plus, le Parti libéral a toujours appuyé l'industrie. Il doit y avoir beaucoup de monde dans ce parti aujourd'hui qui sont surpris des déclarations de M. Ignatieff!», commente-t-il.

«La situation à laquelle réfère le chef du Parti libéral, soit le désamiantage du Parlement, est le résultat d'un passé heureusement révolu et l'Institut l'a toujours déploré. Il s'agit d'une pratique de «flocage» (pulvérisation) de fibres d'amiante contenant différents types de fibre, y compris très souvent les amphiboles. Cette pratique n'existe plus, elle est défendue depuis quelques décennies, mais malheureusement, nous sommes aux prises avec cet héritage», poursuit M. Godbout.

Types de fibres

Quant à Simon Dupéré, pdg de la minière thetfordoise LAB Chrysotile, il a lui aussi insisté sur l'importance de faire la différence entre les fibres d'amiante du groupe des amphiboles, beaucoup plus dangereuses pour la santé, et la fibre chrysotile, la seule produite au Canada et qui peut être utilisée de façon sécuritaire.

«Il faut faire la différence entre les types de fibres et les différents usages. J'invite les parties concernées à regarder la littérature scientifique et à constater les différences même si nos adversaires essaient de tout mélanger depuis toujours», explique le dirigeant de l'entreprise qui emploie 450 travailleurs à Thetford Mines.

Clément Godbout a indiqué qu'en cas d'interdiction de l'amiante chrysotile, celui-ci serait remplacé par d'autres fibres pour lesquelles trop peu d'études scientifiques existent pour démontrer leur innocuité.

 

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