Petite-Rivière-St-François ouvre la porte aux résidences de tourisme

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Petite-Rivière-St-François ouvre la porte aux résidences de tourisme

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À Petite-Riivère-Saint-François, si le règlement est adopté, 800 des 1200 terrains lotis pourront accueillir des résidences meublées destinées à la location touristique.

Petite-Rivière-St-François

 

Sylvain Desmeules, collaboration spéciale
Le Soleil

(Petite-Rivière-Saint-François) Petite-Rivière-Saint-François ouvre la porte toute grande aux résidences de tourisme. Son règlement, bientôt adopté, permettra d'exploiter ce type d'hébergement sur 60 % de tous ses développements. Bref, 800 des 1200 terrains lotis pourront accueillir des résidences meublées destinées à la location touristique.

Tourisme Charlevoix est inquiet. L'organisme avait pourtant rencontré la Ville plus tôt en juin afin de la prévenir du risque d'une telle prolifération, mais pour le maire de Petite-Rivière, Jean-Guy Bouchard, c'est une question de développement.

«Les résidences de tourisme ont pris de l'ampleur. Il y a un marché, et ça apporte une nouvelle clientèle. Je suis très à l'aise avec cette réglementation. Ça fait 30 ans que nous sommes ciblés comme destination touristique quatre saisons. Avec les projets du Groupe Le Massif, on prend les devants pour que les investisseurs choisissent Petite-Rivière», dit-il, prévoyant adopté le règlement bien avant les élections municipales.

Le directeur de Tourisme Charlevoix, Alyre Jomphe, est déçu. «C'est le genre de développement qui peut modifier l'équilibre dans le secteur de l'hébergement. Il est maintenant à souhaiter que ce type d'exploitant joue à armes égales avec ceux qui paient des taxes, s'assurent, deviennent membres de Tourisme Charlevoix pour supporter la promotion qui profitent à tout le monde, y compris les résidences de tourisme», disait-il, bien conscient que le pouvoir de Tourisme Charlevoix avait atteint ses limites dans ce dossier.

L'organisme travaille actuellement à éliminer les résidences de tourisme qui sont dans l'illégalité. Une récente étude indiquait que 11,6 % de toutes les résidences étaient illégales, soit une centaine, représentant un marché noir de 1,8 million $. Petite-Rivière est déjà la reine du meublé touristique, puisque 225 des 842 unités recensées sont sur son territoire.

Demande

Le règlement découle d'une demande des nombreux propriétaires des développements du Fief (430 terrains) et du Hameau (313 terrains) qui souhaitaient une proportion de 75-25 %. Dans le premier cas, aucun des 430 terrains ne pouvait accueillir une résidence de tourisme. «Ces gens ont souvent le rêve d'avoir une résidence dans Charlevoix pour leurs vieux jours et ils veulent la louer en attendant leur retraite, ce qui est louable. Pour le reste, je fais confiance à la loi du marché», dit le maire, rejetant les projections pessimistes de Tourisme Charlevoix.

La gestion du règlement se fera selon la formule premier arrivé, premier servi. La municipalité accordera des permis de résidences de tourisme jusqu'à concurrence de 60 %. Elle bénéficie d'une taxation spéciale pour ce type d'exploitation, à 1,02 $ le 100 $ d'évaluation contrairement aux 0,74 $ le 100 $ d'évaluation prélevés au propriétaire d'une maison.

Pendant ce temps, les promoteurs ont flairé la bonne affaire. Sur Internet, en pleine rédaction de ce papier, nous recevions une offre de Solutions Archibelle (place d'affaires à Montréal) : devenir propriétaire d'un intérêt distinct et indivis de 1/10 d'une résidence de vacances à partir de 139 000 $, avec titre de propriété notarié et quatre semaines d'utilisation garanties!

De quoi s'agit-il?

Selon la Corporation de l'industrie touristique du Québec (CITQ), une résidence de tourisme est une catégorie regroupant les chalets, les appartements ou les maisons meublées qui comprennent obligatoirement une cuisinette et une ou plusieurs chambres.

Dans la pratique, observée du moins dans Charlevoix, un propriétaire, souvent de l'extérieur, choisit de mettre en location la maison construite pour sa retraite. C'est d'ailleurs un scénario maintes fois relevé à Petite-Rivière-Saint-François. Les propriétaires de chalets utilisent aussi ce moyen pour obtenir un revenu. Et il y a ces promoteurs immobiliers qui construisent des maisons destinées à la location touristique et vendues en faisant miroiter le revenu dégagé par cette activité.

Ces hébergements sont classifiés, au même titre que les hôtels et les gîtes. Aux 10 % qui sont dans l'illégalité dans Charlevoix, il faut ajouter que plusieurs ne sont pas membres de l'association touristique, donc ne participent pas aux efforts de promotion tout en profitant des campagnes de publicité.

Pour comprendre le phénomène, en date du 31 août, 280 sur 486 établissements classifiés par la CITQ étaient des résidences de tourisme, soit 57 %.  

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