Le président de la Fédération de l'UPA, Christian Lacasse, a tenu à se rendre à cette assemblée, notamment pour rendre hommage à Mme Lapointe. Il a vanté son sens de la justice et de l'équité, «des valeurs très importantes» en syndicalisme agricole.
«C'est une fille de consensus, qui montre une très grande solidarité. Il faut faire des débats mais un moment donné, pour elle, il faut trancher, il faut avancer», a rappelé M. Lacasse.
Reconnue pour sa défense des petits producteurs, d'une agriculture à «échelle humaine», Nicole Lapointe a fait preuve d'une grande assiduité pour se faire entendre sur la scène nationale. «Malgré la distance, elle a été d'une disponibilité et d'une présence remarquables», souligne M. Lacasse.
Louis Bigaouette, du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, a de son côté rappelé que le travail de Nicole Lapointe a «contribué à décloisonner l'agriculture», au sens où plusieurs joueurs interviennent maintenant pour soutenir ce domaine, comme Emploi-Québec et divers organismes de développement, ce qui n'était pas le cas en 1996.
Patrick Goliot, de la Table de concertation agroalimentaire de la Gaspésie, a résumé son hommage en disant que «ça prend beaucoup d'hommes pour remplacer [les multiples fonctions occupées par] Nicole».
Mme Lapointe précise qu'elle «en mange encore, du syndicalisme agricole», mais qu'après 13 ans, beaucoup de voyages, de la fatigue et «des dossiers durs, qui viennent me chercher, comme l'Accord de commerce intérieur, qui risque de nous faire perdre beaucoup, à nous, les producteurs de créneaux», elle veut ralentir.
Elle sera loin de se la couler douce. Elle continuera son travail dans la firme de transformation qu'elle a contribué à fonder, Conserveries de la baie.
Des luttes menées, elle se souvient de son opposition à la venue de mégaporcheries, au début des années 2000, alors que de grosses entreprises d'élevage recherchaient des territoires vierges.
«Les gens n'en voulaient pas, comme nous. Ça ne répondait pas à notre vision de l'agriculture. Ici, les petites fermes doivent conserver leur place. On veut produire plus mais surtout transformer plus», conclut-elle.
Elle est remplacée à la présidence de l'UPA Gaspésie?Les Îles par Éric Dubé.










