«À l'époque où il était maire, M.?D'Amour et son administration m'ont beaucoup aidé à mettre en place un important projet immobilier à Rivière-du-Loup. En 2007, alors qu'il s'était retiré de la mairie et appuyait le candidat Michel Morin, je me suis dit qu'une bonne manière de lui montrer ma reconnaissance était de contribuer à la campagne de celui qu'il voulait voir à sa succession», confie M. Simard au Soleil. Une version des faits qu'il a déjà livrée aux représentants du Directeur général des élections du Québec et aux enquêteurs de la Sûreté du Québec.
M. Simard soutient qu'il ne connaissait pas la Loi électorale jusqu'à il y a quelques jours, alors que son avocat lui a appris que la contribution maximale lors d'une campagne électorale municipale était de 100 $ et que celle-ci devait se faire par chèque. «Je ne le savais pas en 2007 et je ne m'étais même jamais posé la question. Et de toute manière, qui voulez-vous soudoyer avec 500 $? Si j'avais vraiment voulu acheter quelqu'un, croyez-vous vraiment que j'aurais eu des chances avec une telle somme?»
L'histoire débute en 2005, alors que M. Simard répond à un appel lancé dans les médias par Jean D'Amour, alors maire. Ce dernier cherchait un promoteur pouvant construire des logements sans bail, pour accommoder entre autres les travailleurs des entreprises du parc industriel. «J'exploitais ce concept à Cacouna depuis des années. J'ai rencontré M.?D'Amour, que je connaissais à peine, et le projet s'est rapidement mis en branle», explique-t-il.
Téléphoner au maire
La construction s'est déroulée rondement, en grande partie, selon M. Simard, à cause de Jean D'Amour. «Lorsque je rencontrais un problème sur le chantier, quel qu'il soit, je téléphonais au bureau du maire D'Amour et le problème était souvent réglé dans l'heure», explique M. Simard dans un long entretien avec Le Soleil. En bout de ligne, il investira 4 millions $ dans la construction de 108 logements.
Ce qui nous amène à cette fameuse journée d'avril 2007. «Mes affaires vont bien, je suis heureux, je sors d'un commerce et j'ai un flash, je crois que Jean D'Amour demeure dans le secteur. Je décide que c'est aujourd'hui que je vais lui démontrer ma reconnaissance pour m'avoir facilité les choses avec mon projet. Il pensait vraiment comme un homme d'affaires et je sais qu'il aurait fait la même chose pour faciliter la vie à tout autre promoteur.»
Bernard Simard décide qu'une bonne façon de remercier l'ancien maire D'Amour est d'encourager la campagne électorale de celui qu'il souhaite voir à sa succession, en l'occurrence Michel Morin, qu'il ne connaissait pas du tout, dit-il. «J'ai pris une enveloppe blanche, j'y ai glissé cinq billets de 100 $ et j'y ai écrit?: "Salut Jean, pourrais-tu svp donner ça à Michel Morin pour sa campagne électorale." Je suis allé chez lui, son épouse m'a ouvert, je lui ai demandé de remettre l'enveloppe à Jean, elle a accepté et je suis reparti», poursuit-il.
Plus tard, M. D'Amour l'a rappelé pour lui dire que Michel Morin ne prendrait pas l'argent et qu'il pouvait le reprendre, ce qu'il a fait. «Pour moi, ça finissait là. Je n'ai jamais voulu mal faire.»
La version de M. Simard concorde avec celle donnée par Jean D'Amour, maintenant député, qui a choisi de quitter le caucus libéral le temps que toute la lumière soit faite sur cette affaire.












