À l'issue du colloque Dialogues organisé par la Caisse de dépôt et placement du Québec au Centre de congrès Le Georgesville, jeudi, devant une centaine d'entrepreneurs, de commissaires et de gens d'affaires de la région de la Chaudière-Appalaches, Pierre Pomerleau a tiré les grandes lignes de l'ascension fulgurante de l'entreprise privée fondée en 1964 par son père, Hervé.
«Actuellement, en 2009, Pomerleau, c'est 750 millions $, a-t-il fait valoir. C'est plus de 400 employés à même les bureaux administratifs et quelque 900 travailleurs en usine. L'entreprise de deuxième génération est composée de propriétaires, mon frère Francis et moi-même, ainsi que d'une équipe de gestionnaires qui détiennent 25 % des actions.»
Si, au Québec, il y a 29 000 entrepreneurs en construction et que cette industrie favorise des investissements de 32 milliards $, il faut savoir qu'elle est aussi, après le secteur de la restauration, la plus risquée, car on y enregistre environ 5000 faillites chaque année.
Défis de croissance
Pierre Pomerleau a d'abord parlé de patience. «Il faut être prêt avant de croître. Le plan d'expansion, à mon point de vue, ne doit jamais mettre l'entreprise en péril, prévient-il. Chaque acquisition doit être faite en fonction des moyens financiers, mais aussi des ressources humaines.
«Quand un dossier va mal, qu'on a fait une acquisition, que ça ne marche pas et que les doutes surgissent : il faut arrêter, dit-il. Il faut savoir arrêter d'investir dans des segments dans lesquels on ne performe pas et revenir à la base. Nous l'avons vécu à plusieurs reprises. Mieux vaut être parfaitement en contrôle.»
La croissance, selon le pdg de Pomerleau, passe également par le temps que l'on consacre à la stratégie et, tout aussi important, au coeur de la réussite, il y a l'appui d'une équipe performante et dédiée à l'entreprise.
Outre le recrutement, la formation, le mentorat : la communication importe vraiment.
Au-delà du bâtiment
«En plus des bâtiments, de la réfection de ponts, d'infrastructures, son expansion future, Pomerleau la voit dans certaines niches tels les parcs éoliens, les travaux hydroélectriques, l'industriel lourd, le traitement des eaux ou les travaux maritimes», dit encore Pierre Pomerleau. Toutefois, les partenariats public-privé (PPP) s'érigent en défis extraordinaires.
«C'est de loin le plus grand défi des dix prochaines années, dit le pdg. La compétition est vive et vient de l'international. L'impact sur l'organisation est impressionnant. Il y va de centaines d'heures de rencontres, de l'augmentation des frais fixes, de besoins en estimation incroyables. Il faut passer de constructeur à design-constructeur. Cela nécessite l'engagement total des seniors de l'entreprise alors que les responsabilités des activités courantes sont imputées aux directeurs. Pour nous, c'est la plus fantastique des aventures!» termine avec assurance et en plein contrôle le président directeur-général de Pomerleau, chef de file en construction dans l'est du Canada.










