Deux ans presque jour pour jour après la fermeture de la papetière, le président du Comité régional pour la relance de l'usine de Donnacona, Roger Bertrand, fulmine toujours contre la multinationale, qui tarde notamment à faire connaître le nom de l'éventuel acheteur des installations de la papetière portneuvoise.
«L'appel d'offres lancé à l'automne pour le rachat de l'usine a permis à l'entreprise de recevoir des propositions, dont une a été retenue, explique-t-il. Tout ce que nous savons, c'est qu'il s'agirait d'un acheteur américain et que l'acquisition mènerait vraisemblablement à un démantèlement.»
Déjà contrariés par la décision d'AbitibiBowater de ne pas chauffer le bâtiment abritant la machine no 4 cet hiver malgré l'offre faite par la municipalité et le Syndicat des travailleurs d'en défrayer les coûts, les membres du Comité souhaitent que la compagnie, toujours sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers, leur divulgue l'information et se retire du dossier le plus rapidement possible.
«Nous voulons nous asseoir directement avec l'acheteur potentiel, reprend M Bertrand. Nous avons des projets et pour ce qu'il resterait à financer en prévision d'un redémarrage, le Syndicat, le Fonds de diversification de la MRC de Portneuf pour Donnacona et le gouvernement sont prêts à faire leur part, mais à la condition que les installations ne soient pas reprises pour être démantelées.»
Si une proposition est présentement à l'étude du côté d'AbitibiBowater, M. Bertrand indique qu'il a aussi accueilli des promoteurs, mais que les rencontres «n'ont pas été concluantes à ce jour, principalement en raison d'un contexte économique défavorable».
D'autres perspectives
L'an dernier, la firme KSH Conseil avait été mandatée pour évaluer les perspectives qu'offrirait la fabrication d'un carton doublure à base de fibres secondaires à l'usine de Donnacona. Deux options seraient envisageables pour ce produit, dont une pour laquelle «des validations restent à faire».
«Nous croyons fermement qu'il y a encore quelque chose de possible pour la relance et y mettons toute l'énergie nécessaire, dit M. Bertrand. Il faut essayer, nous n'avons rien à perdre de toute façon.»
En arrêt de production depuis février 2008, l'usine de Donnacona employait 252 travailleurs.










