AbitibiBowater à Donnacona: les travailleurs reviendraient «en courant»

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Johanne Martin, collaboration spéciale
Le Soleil

(Donnacona) «Si l'usine rouvrait, 95 % des travailleurs reviendraient en courant, même à 15 $ l'heure. La plupart des gens ont trouvé de l'emploi, mais ils aimaient ce qu'ils faisaient à la papetière et réalisent qu'ils y étaient bien.»

Le président du Syndicat des travailleurs des pâtes et papiers de Donnacona, Robert Drolet, note que même après deux ans, plusieurs vivent encore d'emplois précaires, temporaires ou saisonniers.

«Les gens de métier s'en sont généralement mieux sortis que les autres, mais avec 51 ans d'âge en moyenne, le défi était de taille pour bien des travailleurs, qui ont dû retourner sur les bancs d'école ou se familiariser avec un nouvel environnement de travail», rapporte celui qui déplore, tout comme le président du comité de relance, Roger Bertrand, le peu de cas que font les dirigeants de la multinationale de la situation des travailleurs.

Programme de soutien

De moins en moins nombreux à ne pas avoir réintégré le marché de l'emploi, une quinzaine de personnes comptent néanmoins toujours sur le Programme de soutien aux travailleurs licenciés collectivement accordé par le ministre Sam Hamad pour subvenir à leurs besoins, programme qui doit d'ailleurs prendre fin le 28 février.

«En principe, celui-ci devrait être renouvelé, mais il faut attendre la confirmation du gouvernement, indique M. Drolet. À cela s'ajoute toute la question des régimes de retraite et du recours collectif qui a été intenté contre la compagnie, des dossiers qui ne se régleront pas tant que l'entreprise sera sous la protection de la Loi [sur les arrangements avec les créanciers].»

Tout comme AbitibiBowater et le Comité pour la relance, formé d'une dizaine d'acteurs socio-économiques de la région, le maire de Donnacona, André Marcoux - qui agit à titre de commissaire industriel pour sa ville - reçoit également des promoteurs intéressés à l'achat des installations.

«Il n'y a rien de concret pour le moment, mais le travail se poursuit, dit-il. Je rencontre des gens et les efforts pour trouver un repreneur se continuent. Ce qui est encourageant, par ailleurs, c'est que la plupart des commerces ont réussi à augmenter leur chiffre d'affaires en dépit de la fermeture de l'usine. Depuis 2008, 150 nouvelles résidences ont été con­s­truites à Donnacona.»

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