Transformation du bois à Chandler: Saint-Elzéar remet en question sa participation

 

Gilles Gagné, collaboration spéciale
Le Soleil

(Saint-Elzéar) L'Association coopérative forestière de Saint-Elzéar remet en question sa participation dans le Centre intégré de transformation du bois de Chandler en raison de coûts trop élevés de transport, de manutention et d'approvisionnement du bois.

Le directeur général de la coopérative, Sébastien Roy, précise bien ne «pas partir en courant», mais il dit qu'avec les chiffres disponibles, il n'est pas possible pour l'entreprise d'être «concurrente au niveau international» avec les produits qu'elle souhaite fabriquer.

«Nous sommes prêts à nous asseoir avec tout le monde et revoir les chiffres. Mais dans le contexte actuel, il ne serait pas rentable de transporter nos sous-produits du sciage de Saint-Elzéar vers Chandler, pour les rediriger ailleurs ensuite», souligne M. Roy. Le complexe de Saint-Elzéar est visé pour produire au moins les panneaux.

Recrutée par la Conférence régionale des élus (CRE) à l'été 2009, la coopérative étudiait depuis lors la possibilité d'utiliser l'entrepôt de l'usine Gaspésia et de l'embranchement ferroviaire desservant l'ancienne papeterie pour établir en phases successives un complexe de fabrication de granules de bois, une centrale de cogénération produisant de l'électricité et la chaleur alimentant un séchoir, de même qu'une manufacture de panneaux de construction. Une scierie de bois feuillu était aussi envisagée, mais la qualité du bois disponible exclut cette option. L'ensemble des autres initiatives peut totaliser de 18 à 20 millions $.

«On visait l'approvisionnement de la centrale thermique des Îles-de-la-Madeleine pour écouler nos granules, mais Hydro-Québec n'envoie pas de signaux encourageants. Il faudrait alors être assez concurrentiel pour viser l'Europe. Ce n'est pas envisageable, mais on a des rencontres cette semaine et la semaine prochaine à ce sujet», dit M. Roy.

«C'est sûr qu'on est déçu», souligne la mairesse de Chandler, Louisette Langlois, qui a appris la nouvelle du préfet de Bonaventure, Jean-Guy Poirier, vendredi lors de l'assemblée de la CRE. Je souhaite tout de même rencontrer la direction de la coopérative ainsi que les gens de la CRE afin de faire toute la lumière sur cette histoire», note-t-elle.

Pour sa part, le directeur général de la CRE, Gilbert Scantland, admet avoir été «surpris d'apprendre cela par le préfet parce qu'il y a encore 10 jours, nous avions eu une rencontre avec la coopérative justement sur ce projet».

Il indique en outre qu'une rencontre avec la direction de la coopérative est souhaitée dans les plus brefs délais. «Pour le moment, attendons de connaître les tenants et aboutissants de tout cela et ne paniquons pas.»

Avec la collaboration de Thierry Haroun

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