«Une séance d'information sur l'initiative en question aura lieu mercredi soir et dès jeudi, c'est la signature du registre en vue d'un éventuel référendum sur le sujet, rapporte le président de Chute Libre, Jean Jasmin. Le délai entre les deux est beaucoup trop court et s'il n'y a pas au moins 98 personnes qui signent, les promoteurs - la Municipalité et la MRC - pourront aller de l'avant avec le projet, car il sera considéré comme étant accepté par la population.»
Pour le groupe d'opposants, si les résidants ne disposent pas de suffisamment de temps pour prendre une décision éclairée, le fait de tenir les activités sur semaine plutôt que la fin de semaine prive aussi plusieurs contribuables de la possibilité d'exercer leurs droits.
«Les villégiateurs, qui constituent près de 50 % de ceux qui paient des taxes à Notre-Dame-de-Montauban, pourront très difficilement participer à la soirée d'information et à la signature du registre, plaide M. Jasmin. Même chose pour nos jeunes qui étudient en ville et nos travailleurs à l'extérieur.
«C'est comme si on avait voulu empêcher une bonne partie de la population de se prononcer et limiter le débat sur le plus important projet de toute l'histoire du village, un projet qui aura des répercussions pour de nombreuses années dans notre communauté.»
Délai du 16 mars
Les promoteurs, pour leur part, font valoir que les délais à respecter ne leur permettaient pas d'agir autrement puisque la date limite de dépôt d'une soumission à Hydro-Québec dans le cadre du Programme d'achat d'électricité provenant de petites centrales hydroélectriques de 50 mégawatts et moins est fixée au 16 mars.
«Les élections de novembre ont fait en sorte que le conseil municipal a été renouvelé presque en entier et il n'a pas été possible, pour différentes raisons, de s'arrêter sur le dossier de minicentrale avant janvier, indique le maire de Notre-Dame-de-Montauban, Jean-Guy Lavoie. Nous nous sommes aussi basés ce qu'ont fait Saint-Raymond, Saint-Léonard et Sainte-Ursule, qui ont préparé des projets semblables, pour guider notre conduite.»
Débat nécessaire
Loin de satisfaire les membres de Chute Libre, les explications fournies par les promoteurs pour justifier leurs gestes sont plutôt perçues comme une façon de contourner les règles. Ils reprochent à la municipalité et à la MRC d'avoir déposé, le 18 janvier, un dossier incomplet à Hydro-Québec «dans l'espoir de mettre de la pression et de se faire accepter».
«Cela n'a pas fonctionné, car il est exigé des promoteurs qu'ils réalisent une consultation sur le projet et qu'ils fournissent les résultats de celle-ci. Le guide qui en fait mention a été rendu public le 24 septembre. Maintenant qu'ils manquent de temps, ils improvisent de cette manière.»
Il y a quelques mois, la société d'État lançait un appel d'offres en vue d'acheter de l'électricité issue d'initiatives locales. Les municipalités et les communautés autochtones étaient alors particulièrement visées et c'est dans ce contexte que Notre-Dame-de-Montauban, conjointement avec la MRC de Mékinac, ont décidé de présenter un projet.
«Que les résidants soient pour ou contre le barrage, il faut qu'ils aillent signer le registre afin de dénoncer cette façon de faire et pour qu'il y ait par la suite un véritable débat sur le sujet», termine M. Jasmin.










