«Hydro-Québec nous a rejoints, il voulait qu'on libère le chantier, mais nous resterons là tant que ça ne sera pas réglé», a affirmé le porte-parole du comité de chômeurs, Richard Petitpas, sur les ondes d'une radio locale. Cependant, il n'a pas été possible de connaître l'issue de la rencontre qui se serait déroulée en fin de journée lundi.
Le regroupement de travailleurs dénonce le favoritisme à l'embauche que privilégieraient les agents d'affaires affiliés à la FTQ-Construction, Bernard Gauthier et Michel Bezeau. Ces allégations, dont se défendent toujours les principaux intéressés, s'ajoutent à celles d'intimidation, de taxage et de trafic de drogue révélées la semaine dernière.
«Je n'ai pas un membre qui vient de l'extérieur de la Côte-Nord sur le chantier Romaine [...] je travaille dans leur intérêt», a affirmé le représentant de l'Union des opérateurs de machinerie lourde, section locale 791, Bernard Gauthier. De son côté, le représentant de l'Association des manoeuvres interprovinciaux (AMI) à Sept-Îles, Michel Bezeau, a expliqué qu'il avait dû faire appel à de la main-d'oeuvre de l'extérieur pour combler les nombreux besoins. «Pour les métiers qui me concernent, tout le monde de la Côte-Nord travaille. Il n'y a qu'un seul foreur en Minganie et il travaille aussi», a-t-il dit.
Selon les représentants syndicaux, la majorité des travailleurs qui manifeste n'est pas qualifiée et est aux prises avec des problèmes de dépendance ou de comportement. «Richard Petitpas avait des problèmes, je lui ai donné trois chances. Finalement, il s'est fait congédier du chantier Romaine après 13 jours d'ouvrage», a déclaré M. Gauthier.
Les maires de la Minganie ainsi que la députée de Duplessis, Lorraine Richard, se sont également déplacés sur les lieux de la manifestation. Dans un communiqué, le conseil de la MRC de Minganie a dit appuyer les gens de la Minganie qui veulent travailler au complexe Romaine. «À compétences égales, les travailleurs locaux doivent prioritairement être embauchés», a laissé savoir le préfet Julien Boudreau.
Une seule plainte
Pour sa part, Hydro-Québec rappelle que le placement de main-d'oeuvre revient aux entrepreneurs et aux syndicats. «À titre de maître d'oeuvre du projet, nous nous assurons du maintien de la paix sociale», a indiqué une porte-parole, Marie-Élaine Deveault. La société d'État n'a reçu qu'une seule plainte d'intimidation sur le chantier Romaine jusqu'à maintenant.
Pour l'heure, au-dessus de 500 hommes sont à pied d'oeuvre sur le chantier du projet hydroélectrique. De ce nombre, 62 % proviennent de la Côte-Nord, selon Hydro-Québec.
Avec la collaboration de Steeve Paradis















