Crise à la FTQ: l'histoire se répète

Il y a sept ans, Le Soleil révélait... (Photothèque Le Soleil)

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Il y a sept ans, Le Soleil révélait qu'un régime de terreur régnait sur le chantier Alouette, à Sept-Îles, où travaillaient 1600 personnes.

Photothèque Le Soleil

 

Jean Pascal Lavoie
Le Soleil

(Québec) Menaces, intimidation, régime de terreur et tensions intersyndicales sur un chantier de la Côte-Nord... Embauche des travailleurs de la FTQ favorisée au détriment de ceux de la CSN, demande de commission d'enquête... Il y a sept ans, ces allégations émanaient des chantiers de l'aluminerie Alouette, à Sept-Îles, et de la Gaspésia, à Chandler.

À l'été 2003, Le Soleil révélait qu'un véritable régime de terreur régnait sur le chantier Alouette, le plus important de l'époque, où travaillaient 1600 personnes. Un travailleur, demandant l'anonymat par peur de représailles, affirmait que des «fiers-à-bras menacent de casser les jambes aux travailleurs et font du chantage auprès des entrepreneurs en leur disant qu'ils perdront leur contrat et qu'ils feront faillite s'ils engagent des travailleurs d'une autre unité syndicale que la FTQ-Construction».

Un autre ajoutait que «ce sont les délégués syndicaux qui prennent beaucoup trop de place. Nous n'avons plus un mot à dire sur quelque décision que ce soit. Nous écoutons au doigt et à l'oeil. C'est l'enfer.»

De son côté, la centrale syndicale niait tout. Jocelyn Dupuis, alors codirecteur du Conseil conjoint, une association syndicale formée de la FTQ-Construction et du Conseil provincial des métiers de la cons­truction, jurait que son association n'avait «jamais intimidé ou menacé qui que ce soit» et que cette histoire «allait mourir de sa belle mort».

Toutefois, le ministre du Travail de l'époque, Michel Després, considérait ces «gestes trop importants pour [fermer] les yeux», et demandait à des enquêteurs de faire la lumière sur ces allégations. Leur rapport confirmait, entre autres, l'existence d'un climat malsain, le non-respect des lois du travail et la discrimination en faveur de la FTQ sur les deux chantiers. Les enquêteurs Richard Miller et Jean Waltzing recommandaient alors la nomination d'arbitres pour assurer le suivi des différents dossiers.

De son côté, la CSN-Construction réclamait une enquête publique, et son président, Ted McLaren, affirmait que «30 ans [après la Commission Cliche sur le chantier de la baie James], nous sommes au même point. La construction au Québec est un monde de monopole, d'intimidation et de discrimination d'embauche».

Du côté de la Gaspésia

Au printemps 2004, le gouvernement Charest annonçait le début d'une enquête sur les dépassements de coûts du chantier de la Gaspésia, dépassements qui ont ultimement mené à l'abandon du projet de relance de l'usine. Le mandat des commissaires stipulait, entre autres, l'examen de la gestion des relations du travail sur les grands chantiers.

Dans leur rapport déposé en mai 2005, ils ont relevé de nombreuses négations du droit du travail pour les travailleurs n'étant pas affiliés à la bonne centrale, de l'intimidation et des menaces. En conséquence, ils ont formulé plusieurs recommandations pour éviter l'intimidation et la discrimination, limiter l'influence «indue» des délégués de chantier, et encadrer le placement syndical dans les chantiers. Dans la foulée du rapport, la Loi sur les relations de travail dans l'industrie de la construction a été modifiée pour prendre en compte ces recommandations.

Cinq ans plus tard, sur un autre chantier de la Côte-Nord, l'histoire semble se répéter.

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