Pénurie de cannes de sirop d'érable

Rémi Vachon et Réjean Veilleux de la Coop... (Collaboration spéciale, Luce Dallaire)

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Rémi Vachon et Réjean Veilleux de la Coop Alliance Saint-Georges?Saint-Éphrem attendent avec impatience la prochaine livraison de boîtes.

Collaboration spéciale, Luce Dallaire

 

Luce Dallaire, collaboration spéciale
Le Soleil

(Saint-Georges) Si la saison hâtive du temps des sucres réjouit les amateurs de produits de l'érable, elle donne de sérieux maux de tête aux acériculteurs et aux distributeurs, car pour embouteiller le sirop, il manque de boîtes de fer-blanc en ce moment, ce qu'on désigne familièrement comme «les cannes de sirop d'érable».

«Habituellement, l'inventaire commence à sortir vers la mi-mars, mais là nous n'avons plus rien. À Saint-Georges, nous avons déjà vendu 160 caisses de ces contenants métalliques de 540 ml. Il n'y a plus rien sur les tablettes. La demande actuelle est d'au moins 100 caisses et notre liste s'allonge», dit Réjean Veilleux de la Coop Alliance.

Le gérant de la Coop Saint-Georges-Saint-Éphrem, Denis Cliche, explique qu'à la mi-février, il n'a fallu que cinq jours pour vider l'inventaire reçu.

«Depuis, nous avons replacé une commande de 250 caisses [à raison de 200 boîtes par caisse]. Nous n'en avons reçu que 16. Il faut de quatre à six semaines pour les obtenir, alors nous croisons les doigts pour avril», dit

M. Cliche.

Même scénario désolant à Saint-Joseph-de-Beauce, à Saint-Narcisse-de-Beaurivage, à Frampton et à Saint-Gervais. Les producteurs vont d'un village à l'autre, à la recherche de ces précieuses «cannes» et, à leur grand dam, reviennent bredouilles.

«Un gars de Rimouski de passage en Beauce s'est arrêté ici au cas où, dit encore M. Veilleux. Nous avons des appels de Plessisville, Victoriaville, de la région de Québec... Ça n'arrête pas!»

Manque généralisé

«Des boîtes?... Il en manque partout», confirme Mario Bellavance au Centre de la Coop fédérée à Trois-Rivières.

«Comme distributeur, nous devons attendre que les fabricants complètent nos commandes. Nous avons environ 250 marchands au Québec, au Nouveau-Brunswick et en Ontario à satisfaire et ce n'est pas une mince affaire», dit-il.

«La saison a débuté bien plus tôt que prévu, ça coule et c'est l'effervescence. Pourtant, au départ cette année, nous avions commandé 1000 caisses de plus que l'an dernier», note M. Bellavance.

Chez Dominion & Grimm inc. à Montréal, la situation est similaire.

«Nous avons haussé notre volume de 20 % par rapport à l'an dernier. Même à ça, ça ne suffit pas. De plus, pour répondre au plus grand nombre d'acériculteurs, nous avons limité chaque client à trois caisses. Mais la demande est là, pressante même pour des bouteilles de verre et des barils», dit Stéphane Pepin, le vice-président de l'entreprise.

«Je passe plus d'une heure par jour à répondre non aux clients et de l'autre, je rappelle la Coop, Dominion, CDL Dallaire pour l'approvisionnement. Il faudra repenser le système pour contrer ce genre de pénurie. Difficile de louer des entrepôts pour ranger les caisses en attendant la récolte, surtout sans avoir une idée de ce que sera la demande. Là, tout le monde s'arrache les cheveux», dit le gérant Cliche à Saint-Éphrem.

«En 2008, le coût d'une caisse était de 67,95 $. Avec la hausse de l'acier, il est passé à 99,99 $ en 2009 pour atteindre 119 $ par caisse à l'été. En 2010, il est retombé à 99,99 $. Ce doit être le même prix en avril», dit Denis Cliche.

Il faut savoir qu'une caisse contient 200 boîtes métalliques. Une fois remplis de sirop d'érable et sertis, huit de ces contenants de 540 ml sont encartonnés : le sirop est alors vendu en gallon.

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