Le blocus devant l'usine de Beaupré d'AbitibiBowater pourrait durer plusieurs jours.
Le Soleil, Steve Deschênes
C'est pour empêcher l'entreprise de vider l'usine de son équipement sans verser ce qu'elle leur doit que les syndiqués ont entrepris de monter la garde. Le SCEP a rameuté les travailleurs après avoir appris, jeudi, que la compagnie enverrait des sous-traitants pour démanteler une partie des installations.
Aucun «contracteur» ne s'est présenté aux abords de l'usine, a signalé Mario Leclerc, le président du local 138 du SCEP, représentant les travailleurs de l'entretien et de la production. M. Leclerc s'attend à ce que ses membres, au chômage depuis la mi-octobre, campent devant la fabrique de papier journal aussi longtemps qu'il le faudra... à moins qu'il n'y ait injonction.
Le coordonnateur régional du SCEP, Daniel Larouche, a insisté auprès du journaliste du Soleil sur le fait qu'avant d'expédier des pièces d'équipement vers d'autres usines, «il faudra régler les primes de séparation. C'est 12 millions $. C'est énorme. Nous voulons marquer notre désapprobation en bloquant» l'accès de l'usine.
AbitibiBowater s'est placée sous la protection de la loi la protégeant des créanciers il y a pratiquement un an. Le SCEP craint que le plan de sauvetage de l'ensemble des usines, que prépare la multinationale, se traduise par le sacrifice d'une partie des indemnités de départ des employés de Beaupré.
«Nous avons organisé une vigile. Il y aura toujours du monde» tant que le litige persistera, a ajouté Mario Leclerc, du SCEP.
Jacques Bouchard, président de l'unité qui défend les papetiers de Beaupré, a insisté sur le fait que la compagnie n'a toujours pas confirmé que la fermeture est définitive. «Si c'est définitif, réglez les primes de départ.»
Opération «à visière ouverte»
Le porte-parole de la compagnie a insisté pour dire que l'opération «se fait à visière ouverte». Pierre Choquette a cependant suggéré qu'il y a peu de chances que les primes soient versées à court terme.
Comme AbitibiBowater est sous la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers, «ce sera au tribunal de trancher» quant au versement de la totalité des indemnités, a fait savoir M. Choquette.
Les discussions pour vendre l'usine de Beaupré ont échoué. AbitibiBowater n'a pas dévoilé s'il s'agissait d'une entreprise intéressée par une relance des installations ou d'un ferrailleur voulant revendre l'usine en pièces démontées. Le SCEP a fait partie d'un comité pour remettre en opération la papeterie. L'idée est à toutes fins pratiques abandonnée.












