Pour la ministre, le temps est venu de demander aux producteurs jusqu'où ils sont prêts à aller pour faire évoluer le métier d'artiste. «Il y a une modernisation à faire», a-t-elle indiqué au cours d'une conférence de presse convoquée à Québec, hier.
M. L'Allier n'a pas voulu s'avancer sur la nature des questions qui seront abordées au cours de la consultation. «On est là pour écouter, pour mesurer, pour voir quelles sont les distances», s'est-il contenté d'indiquer. «Ça m'a pris du temps, mais j'ai appris, au fil des années, à écouter avant de parler», a également déclaré celui qui fut lui-même titulaire du ministère des Affaires culturelles, il y a 35 ans. «Je peux vous dire que ce n'est pas facile.»
Paix industrielle dans le tournage
Le statut de l'artiste était décidément au centre des préoccupations de la ministre de la Culture, hier. Christine St-Pierre avait en effet commencé sa journée en déposant à l'Assemblée nationale un projet de loi visant à assurer de façon durable la paix industrielle sur les lieux de tournages étrangers au Québec.
L'éventuelle adoption du projet de loi no 32 permettra de résoudre définitivement le conflit opposant deux syndicats concurrents, l'Alliance québécoise des techniciens de l'image et du son et l'Alliance internationale des employés de scène, de théâtre et métiers connexes, mieux connue sous son acronyme anglais IATSE.
«Nous tournons définitivement la page sur un conflit dommageable qui a entraîné l'annulation de nombreux tournages, généré des pertes de plusieurs millions de dollars et qui a miné le climat de travail sur les plateaux de tournage», a déclaré la ministre en présence des représentants des deux syndicats, visiblement satisfaits.
Les retombées annuelles des tournages étrangers au Québec s'élèvent en moyenne à 200 millions $ depuis six ans.
Le projet de loi vient également étendre le champ d'application de la Loi sur le statut de l'artiste.
Dans le secteur du cinéma, quelque 150 métiers seront désormais reconnus par cette loi. Il prévoit enfin que le transfert des responsabilités de la Commission de reconnaissance des associations d'artistes et des associations de producteurs (CRAAAP) à la Commission des relations de travail.











