C'est l'histoire tirée par les cheveux défendue par le réalisateur Neil LaBute dans Harcelés (v.f. de Lakeview Terrace). Ce quelconque thriller de banlieue ira vite rejoindre les tonnes de copies de ces productions américaines qui font la part belle aux psychopathes de tout acabit.
Le dernier en lice se nomme Abel Turner (Samuel L. Jackson), un flic de Los Angeles qui élève seul ses deux ados. Le jeune couple qui vient d'emménager à côté de chez lui (Patrick Wilson et Kerry Washington) croit avoir trouvé la maison et le voisinage de ses rêves.
Tout irait bien si ces nouveaux voisins étaient «normaux». Mais voilà, elle est Noire, lui est Blanc. Or, notre policier noir n'aime pas les unions interraciales depuis le décès tragique de sa femme. Si ce n'était que cela. Ce couple «dépareillé» fait des guili-guili dans la piscine, sous les yeux de ses deux enfants. C'en est trop.
Du coup, Abel Turner deviendra le pire voisin qui soit. Comme si voir un Blanc bécoter une Noire avait réveillé un traumatisme chez ce défenseur de la morale pudibonde, véritable archétype de la nouvelle droite nord-américaine. On ne s'étonnerait pas de voir chez lui un poster autographié de George W. Bush...
Lumières extérieures allumées en permanence la nuit, pneus crevés, gros party (avec danseuses!) jusqu'au petit matin, Turner fera tout (même piétiner ses principes moraux) pour rendre la vie impossible aux nouveaux arrivants.
On devine que toute cette histoire se terminera mal. Le vilain devra mourir. Il ne peut en être autrement, car le couple ne peut appeler la police, car la police, elle vit à côté...
Neil LaBute, auteur du pas vilain In the Company of Men, livre avec Harcelés un film qui ne tient pas la route, malgré une interprétation assez convaincante de Samuel L. Jackson.
Faute de pouvoir faire assez de millage avec l'affrontement entre le policier et ses deux voisins, LaBute intercale une (inintéressante) histoire parallèle sur les problèmes conjugaux du couple, tout cela sur fond d'incendies de broussailles menaçant des quartiers cossus de Los Angeles. On cherche encore la pertinence de cette idée-catastrophe, qui ne change strictement rien au déroulement de l'histoire, sinon de détourner l'attention de ses faiblesses.
Harcelés demeure un banal thriller policier, tordu comme on les aime à Hollywood, et qui laisse l'esprit totalement vide.
Au générique
Cote : **
Titre : Harcelés (Lakeview Terrace)
Genre : drame
Réalisateur : Neil LaBute
Acteurs : Samuel L. Jackson, Patrick Wilson, Kerry Washington, Regine Nehy, Jaishon Fisher, Jay Hernandez et Keith Loneker
Salles : Cinéplex Sainte-Foy, Cinéplex Beauport, Place Charest, Des Chutes, Galeries de la Capitale et Lido
Classement : 13 ans
Durée : 1h50
On aime : le jeu de Samuel L. Jackson
On n'aime pas : le jeu mou de Patrick Wilson et de Kerry Washington, le sentiment de déjà-vu, la finale, le prétexte inutile
des incendies











