C'est à cet après-désastre que s'intéresse le réalisateur d'origine thaïlandaise Aditya Assarat dans Wonderful Town, un film lent et contemplatif, à l'image du processus de guérison vécu par ses personnages.
La «ville merveilleuse» à laquelle fait référence le titre du film est celle de Takua Pa, agglomération côtière durement affectée par le tsunami. Une fois ses morts enterrés et la poussière retombée, la ville reprend lentement vie et ses plages désertées accueillent des ouvriers qui s'affairent à reconstruire les hôtels détruits. Avec eux s'amène Ton, un jeune architecte qui élit domicile dans l'auberge du petit village voisin. Il s'éprendra de Na, discrète gérante de l'établissement. Mais dans une ville aussi résiliante que réfractaire au changement, leur idylle fera des vagues parmi les résidants. La fatalité plane sur cette population qui trouve un baume pour ses plaies dans la routine, surtout lorsqu'un étranger vient bouleverser l'ordre des choses...
Film de peu de mots, Wonderful Town emprunte au documentaire pour camper sa fiction : de longues séquences montrent les ruines laissées par le tsunami, les vagues redevenues calmes ou une simple visite au marché local. L'amour naissant des deux protagonistes est filmé tout en pudeur et en délicatesse, par respect pour ce sentiment fragile qui se développe entre deux êtres blessés.
La poésie des images croquées en Thaïlande a de quoi fasciner, dans la première partie du film, à tout le moins. Mais à mesure que l'histoire se déploie, elle ne suffit plus à maintenir l'intérêt du spectateur. À trop vouloir jouer la carte de l'introspection, Aditya Assarat nuit à son film, qui aurait gagné à mieux développer les motivations de ses personnages. Alors que le drame est prêt à surgir, trop de points d'interrogation demeurent en suspens.











