Décès de Falardeau: artistes et politiciens rendent hommage à l'homme

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Le cinéaste Pierre Falardeau    ... (Photothèque Le Soleil)

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Le cinéaste Pierre Falardeau

Photothèque Le Soleil

Marie-Josée Nantel
Le Soleil

(Québec) La communauté artistique du Québec ne tarissait pas d'éloges samedi à l'égard du cinéaste, écrivain et polémiste Pierre Falardeau. Décédé d'un cancer vendredi soir à Montréal, M. Falardeau était reconnu pour son franc-parler et l'engagement indépendantiste de son oeuvre.

Pierre Falardeau n'en démord pas. Il n'y aura... (Photothèque Le Soleil, Laetitia Deconinck) - image 1.0

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Pierre Falardeau n'en démord pas. Il n'y aura pas de «festivités» associées au 250e anniversaire de la bataille. Même si cela devait perturber les vacances de quelques milliers d'Américains «qui veulent venir se saouler la gueule à Québec».

Photothèque Le Soleil, Laetitia Deconinck

«Profondément triste» de la mort de son ami, le comédien Luc Picard a rappelé les inébranlables convictions de la vie et de la carrière de Pierre Falardeau.

«Il s'est toujours battu pour ce qu'il voulait. Il était un artiste intègre, honnête, tout le con­traire des adeptes de la langue de bois. Il y avait quelque chose d'irrésistible chez lui qu'on ne pouvait faire autrement que de l'admirer. Il avait le courage de ses opinions, mais aussi de ses émotions.»

M. Picard a tenu le rôle principal du drame historique Octobre (1994), relatant les événements-clés de la crise d'Octobre. C'est lors d'une audition pour ce film en 1993 que les deux artistes se sont rencontrés pour la première fois. Ils ont par la suite collaboré pour le film 15 février 1839, dans lequel Luc Picard incarnait le patriote Chevalier de Lorimier.

Au-delà du polémiste et du militant, M. Picard voyait surtout un intellectuel d'une profonde humanité. «Il était un grand amoureux du Québec, un grand érudit qui connaissait l'histoire comme pas un et qui lisait beaucoup.» Il préférait Hemingway à Musset et les muralistes mexicains aux naturalistes européens. M. Picard a d'ailleurs souligné que M. Falardeau travaillait à l'écriture d'un scénario sur la Première Guerre mondiale.

Le comédien Denis Trudel, qui a partagé la vedette avec Luc Picard dans les films de Falardeau, était aussi sous le choc samedi. «C'était la rencontre marquante de ma vie d'acteur, parce que c'était un exemple d'intégrité comme il n'en existe pas, en fait, dans le métier. On perd quelque chose», a-t-il souligné.

Yves Trudel, qui a incarné le rôle de Méo dans la série d'aventures d'Elvis Gratton, admirait aussi beaucoup son ami Falardeau pour son courage. «C'est quelqu'un qu'on ne pouvait pas acheter. Il s'est tenu debout jusqu'à la fin. Il a toujours dit non à la facilité», a déclaré le comédien au Soleil.

Toutefois, si les gens le percevaient comme quelqu'un qui décriait les injustices haut et fort dans un langage parfois trop coloré et extrémiste, «il écoutait deux fois plus qu'il ne parlait, contrairement à ce qu'on peut penser» a précisé M. Trudel.

Au cours de sa vie, M. Falardeau aura inspiré de nombreux artistes, notamment le groupe de rap politiquement engagé Loco Locass. L'introduction de leur chanson Résistance reprend un texte de Pierre Falardeau. «Le problème est ben simple. Le Québec, c'est un pays conquis et annexé par la force...»

«Son premier et unique sujet a été le Québec», a affirmé le collègue cinéaste de Falardeau, Michel Brault, ajoutant qu'il  était «un grand patriote».  

«On savait où il logeait»

Le décès de Pierre Falardeau a également trouvé écho chez un de ses détracteurs, l'animateur de radio du 93,3 Sylvain Bouchard, qui l'avait vivement dénoncé en février dernier quand l'activiste souverainiste avait promis de perturber la reconstitution de la bataille des plaines d'Abraham en lançant des roches aux participants et spectateurs de l'événement.

«Même s'il est décédé, je vais continuer à dénoncer ses propos extrémistes, a affirmé M. Bouchard, lors d'une entrevue téléphonique. Par contre, je n'avais rien de personnel contre Pierre Falardeau. Je ne partageais pas ses opinions idéologiques et ce qu'il prônait. Même s'il était un adversaire idéologique, c'est triste [qu'il soit décédé].»

M. Bouchard avance que même s'il n'était pas d'accord avec les opinions tranchées de M. Falardeau, ce dernier avait le mérite de défendre ses idées jusqu'au bout. «Je dénonce souvent les langues de bois et les gens qui refusent de prendre position. On ne pouvait pas parler ainsi de Pierre Falardeau. On savait très bien où il logeait.»

Avec Matthieu Boivin, La Presse Canadienne et AFP

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