Antichrist, de Lars Von Trier (demain, 19h, en version originale anglaise avec sous-titres), et le dernier Pedro Almodóvar, Étreintes brisées (jeudi soir, 19h, en version espagnole sous-titrée), comptent parmi les productions les plus en vue.
La dernière offrande de Von Trier (Dancer in the Dark) a créé la controverse en mai au Festival de Cannes. Ce récit d'un couple en deuil (Charlotte Gainsbourg, sacrée meilleure actrice, et Willem Dafoe), vivant une psychose au fond de la forêt, après la mort de son fils, s'avère un véritable voyage au bout de la folie. Scènes de violence, automutilations sexuelles, hallucinations scabreuses sont au programme de cette oeuvre sulfureuse, à l'esthétisme impressionnant (ne manquez surtout pas les 10 premières minutes).
Avec Étreintes brisées, Pedro Almodóvar présente son 17e long-métrage, sans doute l'une de ses oeuvres les plus denses et les plus réussies. Ce polar mélodramatique permet au cinéaste espagnol de renouer avec Penélope Cruz, dans le rôle d'une jeune actrice coincée entre un mari producteur vieillissant et son metteur en scène, devenu aveugle à la suite d'un accident.
Sur fond de fatalité, de jalousie et de trahison, Almodovar rend hommage à ses maîtres, les Douglas Sirk, Vincente Minelli, Alfred Hitchcock et Roberto Rossellini, en plus de faire un clin d'oeil à l'un de ses propres films, Femmes au bord de la crise de nerfs.
L'écologie en lever de rideau
La cause environnementale sera à l'honneur, ce soir, en lever de rideau du Festival, avec la projection de Visionnaires planétaires, en présence de l'éco-activiste Mikael Rioux, l'une des têtes d'affiche de ce documentaire signé Sylvie Van Brabant.
La visite de Claude Péloquin est également prévue aujourd'hui, pour la présentation du Chômeur de la mort (21h25), incursion dans la vie et l'oeuvre souvent délirante de l'auteur de la célèbre phrase assassine de la murale du Grand Théâtre («Vous êtes pas tannés de mourir, bande de caves?»).
Le documentaire The Red Race (samedi, 17h30, en version originale mandarine avec sous-titres anglais) est l'un des coups de coeur du programmateur du Cartier, Michel Savoy. On ne saurait le contredire. Le réalisateur Chao Gan s'intéresse à l'entraînement intensif, voire surhumain, d'une poignée de jeunes gymnastes chinois, dans une folle obsession étatique d'en faire des machines à récolter des médaillés d'or olympiques. Bouleversant et dérangeant.
Fantasmes sado-maso
Au rayon du bizarre et de l'inédit, le documentaire D/s (pour Domination/soumission) propose une virée dans l'univers des adeptes du sado-masochisme (samedi, 20h45). Le spectateur est convié à une soirée privée, dans un sous-sol belge transformé en donjon, avec des dominatrices promptes à assouvir les fantasmes dégradants de quelques clients. Au menu : des propos crus et des scènes qui le sont tout autant. Amateurs de films à l'eau de rose, passez votre tour...
Dans Demain dès l'aube (demain, 17h15), l'auteur de La tourneuse de pages, Denis Dercourt, met en scène le récit de deux frères (Vincent Perez et Jérémie Renier) impliqués dans un obsédant jeu de rôles. L'ex-critique Axelle Ropert livre le portrait (pas toujours convaincant) d'un clan sur le bord de l'éclatement dans La famille Wolberg (samedi, 19h).
Également au programme : le provocant Roi de l'évasion, d'Alain Guiraudie (dimanche, 16h15); Persona non grata, documentaire sur la vie de l'activiste et artiste belge Franz Wuytack (dimanche, 14h30); Zed in Tokyo (dimanche, 13h) sur la conception d'un spectacle du Cirque du Soleil au Japon, avec François Girard aux commandes; et Behind Jim Jarmusch, sur l'oeuvre du célèbre cinéaste indépendant américain (demain, 21h).











