D'où notre étonnement d'abord, puis notre grande déception ensuite, de le voir conjuguer ces éléments au burlesque, à titre de personnage principal de Fais-moi plaisir! La preuve patente que n'est pas Keaton, Tati, Richard ou Sellers qui veut...
Au coeur du scénario de ce troisième long métrage, un fantasme, celui de Jean-Jacques (Mouret), un inventeur naïf qui, à la faveur d'une rencontre avec une inconnue (Judith Godrèche), décidera de vivre une aventure avec elle, au vu et au su de sa copine (Frédérique Bel), prête à lui laisser toute la corde voulue pour sauver son couple...
Le pauvre Jean-Jacques ne se doute pas que cette énigmatique femme, sensible aux mots doux, n'est nulle autre que la fille du président de la République (Jacques Weber). Coincé dans une réception mondaine où il se sent aussi à l'aise qu'un chien dans un jeu de quilles, l'amoureux maladroit multipliera les gaffes, avant de se retrouver dans une situation aussi compromettante avec une seconde femme, en l'occurrence une jeune et réservée femme de chambre (Deborah François). Bonjour les quiproquos...
Pépin de taille
On retrouve le charme de Mouret en ouverture et en épilogue de Fais-moi plaisir! Le pépin, et il est de taille, se trouve entre les deux, alors que le récit s'égare dans une succession d'absurdes saynètes, où Mouret patauge dans une version édulcorée de The Party, avec Peter Sellers. Plus le pauvre Jean-Jacques tente de se sortir d'une impasse, plus il s'enlise, plus on soupire d'exaspération devant ce mauvais spectacle.
Tout (ou presque) est plaqué, artificiel et coincé dans Fais-moi plaisir! Les personnages semblent perdus dans une mauvaise comédie de boulevard. L'humour a beau être quelque chose de propre à chacun, celui de Mouret ne passe pas la rampe. Vivement de le revoir dans un film où il ne tentera pas de se prendre à nouveau pour le comique qu'il n'est pas.
Au générique
Cote : **
Titre : Fais-moi plaisir!
Genre : comédie sentimentale
Réalisateur : Emmanuel Mouret
Acteurs : Emmanuel Mouret, Judith Godrèche, Frédérique Bel, Deborah François, Jacques Weber et Danny Brillant
Salle : Le Clap
Classement : général
Durée : 1h30
On aime : l'introduction et l'épilogue
On n'aime pas : tout ce qu'il y a entre les deux











