Louis Morissette: la piqûre du cinéma

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Normand Provencher
Le Soleil

(Québec) Vedette du petit écran, Louis Morissette a suffisamment apprécié sa première expérience au cinéma pour avoir le goût de continuer. Après Romaine par moins 30, de la cinéaste française Agnès Obadia, où il partage la vedette avec Sandrine Kiberlain, le public pourra le voir dans deux autres films d'ici la fin de l'année.

«J'ai adoré mon expérience de tourner avec d'autre monde. Ç'a été un déclencheur», avoue en entrevue téléphonique au Soleil celui qui, jusqu'à maintenant, avait l'habitude de mener sa barque de façon indépendante, particulièrement sur la télésérie C.A.

«Il y a un côté extrêmement rassurant à jouer tes propres textes. Mais il y a deux ans, j'ai voulu me confronter à la création des autres, de faire ce qu'un réalisateur me demande. J'étais rendu là.»

Le destin l'a alors conduit à une audition de Romaine par moins 30, où il incarne un trentenaire coureur de jupons, propriétaire d'un restaurant, qui refuse de s'attacher, grand cruiseur devant l'éternel. Toute ressemblance avec son personnage dans C.A. n'est évidemment pas fortuite...

Le comédien est le premier à l'admettre. Si ce personnage tenait l'affiche dans un film québécois, il aurait refusé le rôle, trop soucieux de se débarrasser de cette image d'homme volage et incapable de se brancher qui a fait sa réputation.

Rigolo et sans prétention

À son avis, Romaine par moins 30, «un film déjanté, sans prétention, rigolo, qui tire un peu sur le fantastique», est destiné d'abord et avant tout au public français. «Il y a des blagues dans le film que les Québécois vont trouver clichées. À l'inverse, un film québécois avec des clichés sur les Français n'aurait pas nécessairement fait rire le public là-bas.»

«Moi, poursuit-il, voir un camion et une souffleuse ramasser de la neige dans les rues, y a rien de féerique là-dedans. Ça me dit plutôt que je vais rester jammé 20 minutes derrière le camion...»

Fort de cette expérience profitable, Morissette sera de retour deux fois plutôt qu'une au cinéma d'ici la fin de l'année. D'abord à l'été, dans la comédie Cabotins, d'Alain Desrochers, en compagnie de Rémy Girard et de Pierre-François Legendre; puis à l'automne, dans le drame Reste avec moi, de Robert Ménard, où il forme avec Maxim Roy (également en vedette dans Romaine par moins 30) un couple devant décider s'il garde ou non son enfant trisomique à naître.

Pour le reste, il y a sur l'écran radar du comédien un projet embryonnaire d'écriture d'un long-métrage ou d'une fiction pour la télé, «lorsque je trouverai le temps»...

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