Wajda évoque ces années noires dans une mise en scène délicate, alors que des femmes et des enfants cherchent à savoir ce qu'il est advenu de leurs maris et pères, faits prisonniers par les soldats soviétiques, lors de l'invasion allemande, en 1940.
Le pire est redouté. Avec raison. Plusieurs milliers d'officiers polonais, mais aussi des étudiants, des professeurs, des médecins et d'autres intellectuels, avaient été conduits dans une forêt russe, près de Smolensk, pour y être abattus d'une balle dans la tête et enterrés dans une fosse commune.
Ceux qui ont vu le fabuleux documentaire Apocalypse, sur l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, se souviendront de cette scène d'archives où Staline feint d'ignorer le sort réservé à des officiers polonais inscrits sur une liste. Le gouvernement russe avait imputé ce crime de guerre aux soldats allemands.
Katyn suit parallèlement le parcours parsemé d'embûches des familles des victimes pour connaître la vérité, mais également les derniers moments de celles-ci, en route vers leur mort. Jamais Wajda ne verse dans l'excès. Le ton demeure sobre. En cela, des images d'archives sur le drame viennent appuyer le récit fictif, conférant au film une force d'évocation encore plus grande.
Porté par des personnages émouvants, Katyn possède néanmoins quelques faiblesses, dont un scénario un tantinet confus, qui s'égare parfois sur des routes secondaires. Mais Wajda a tôt fait de se rattraper pour conduire son film vers un dénouement à glacer le sang, où la nature humaine se déploie dans toute sa cruauté. Lorsque l'écran reste noir pendant un long moment, à l'issue de cette finale de sang, c'est toute notre âme qui baigne dans une tristesse sans nom.
Au générique
Cote : ***
Titre : Katyn
Genre : drame historique
Réalisateur : Andrzej Wajda
Acteurs : Magdalena Cielecka, Alicia Dabrowska, Joachim Paul Assbock, Waldemar Barwinski et Stanislas Celinska
Salle : Cartier (version originale polonaise avec sous-titres français)
Classement : 13 ans
Durée : 2h
On aime : le rappel de faits dramatiques méconnus, la qualité d'interprétation, la finale tragique et émouvante
On n'aime pas : un scénario inégal qui s'égare parfois











