Oscars: Avatar en terrain miné

Normand Provencher
Le Soleil

(Québec) À l'ère de la télévision plénipotentiaire et de l'obsession pour les cotes d'écoute, la cérémonie des Oscars veut retrouver son lustre d'antan. D'où sa décision de doubler le nombre de films en lice pour le prix du meilleur long-métrage. Comme par hasard, 5 des 10 productions retenues ont rapporté plus de 100 millions $ au box-office nord-américain.

S'il y a une chose que l'Académie veut éviter dorénavant à tout prix, c'est de répéter l'expérience malheureuse de l'an dernier, alors que l'excellent The Dark Knight (Le chevalier noir) avait été écarté de la liste des finalistes. D'où l'idée de renouer avec un collectif de 10 films - idée abandonnée en 1943, année de la victoire de Casablanca - dans le but de se mettre davantage au diapason du public cinéphile.

Or, s'il y a beaucoup d'appelés, les élus seront bien peu nombreux demain soir.

La logique voudrait que Avatar soit récompensé de l'Oscar du meilleur film. La fable de science-fiction de James Cameron a envoyé par le fond Titanic (plus de 2,5 milliards $ de recettes mondiales) et marqué le septième art d'une pierre blanche par sa façon de faire vivre une expérience cinématographique avant-gardiste. À Hollywood, il y a maintenant un avant et un après Avatar.

Avatar score à plein pour la technique, mais aucunement sur le plan du scénario et de l'interprétation (catégories d'où il est d'ailleurs absent). Outre l'Oscar du meilleur long-métrage, Avatar devrait repartir avec l'Oscar des effets spéciaux, de la musique, du montage son et du mixage son. Cinq en neuf.

Démineur (The Hurt Locker) ne devrait pas être loin derrière. L'excellent drame de guerre de Kathryn Bigelow a connu de formidables ratés dans sa mise en marché, d'où ses maigres recettes nord-américaines de 12 millions $, autant dire rien pour une production de cette qualité. À Québec, le film est sorti sur un seul des écrans du Clap, en plein coeur de juillet. Les carottes étaient déjà cuites. Sa présence aux Oscars s'avère une reconnaissance bien tardive.

Outre l'Oscar de la meilleure réalisation (Kathryn Bigelow), Démineur pourra se consoler avec les prix de la photographie et du montage. Trois en neuf.

Le commando des bâtards (Inglourious Basterds), avec huit nominations, devrait être le grand perdant de la soirée (avec un seul prix, celui de l'Oscar du meilleur acteur de soutien avec Christoph Waltz). À notre avis, même si Tarantino a toujours la forme, il ne s'agit pas de son meilleur coup en carrière.

Notre film chouchou, Haut dans les airs (Up in the Air), malgré ses belles qualités de coeur et une performance plus qu'honorable au box-office (82 millions $), ne fait pas le poids, dommage.

En temps normal, le cinquième film à figurer au tableau d'honneur des finalistes aurait été Precious, un bon petit film, au thème pas très vendeur, mais fignolé avec soin par Lee Daniels.

N'eût été de la nouvelle formule, donc, An Education, A Serious Man, District 9, Up et The Blind Side n'auraient jamais été retenus. Surtout The Blind Side (L'éveil d'un champion), drame mielleux à souhait, inspirant certes, mais nullement à sa place comme candidat à l'Oscar le plus prestigieux.

Mon choix: Haut dans les airs

Ma prédiction: Avatar

Cyberpresse vous suggère

publicité

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer