Oscars: le tour de Bridges est venu

Normand Provencher
Le Soleil

(Québec) Soixante ans, 60 films, cinq nominations à un Oscar et... blanchissage à la clé. C'est écrit dans le ciel : le tour de Jeff Bridges est venu. En chanteur western sur le déclin, alcoolique, ravagé par une vie de galère dans Crazy Heart, il offre une performance comme l'Académie les aime. Une sorte de The Wrestler version country. Il est le prétendant le plus sérieux à l'Oscar du meilleur acteur. Et notre choix. Même si Crazy Heart connaît une carrière commerciale quasi-confidentielle (25 millions $ de recettes).

On aurait bien aimé voir George Clooney mettre la main sur la statuette pour son rôle tragi-comique dans Up in the Air, un genre peu prisé par l'Académie. Lauréat de l'Oscar du meilleur acteur de soutien pour Syriana, il y a quatre ans, le comédien de 48 ans peut dire à la prochaine fois.

En professeur homosexuel inconsolable à la suite de la mort de son amant, Colin Firth offre une performance très solide dans A Single Man, mais pas assez «grand public» pour prétendre aux grands honneurs. L'acteur anglais, en nomination à un Oscar pour la première fois, peut se consoler avec son prix d'interprétation remporté à la Mostra de Venise.

Le vétéran Morgan Freeman, auréolé de l'Oscar du meilleur second rôle en 2004 pour Million Dollar Baby et mis en nomination pour une statuette à trois autres reprises, incarne un Nelson Mandela plus vrai que l'original dans Invictus, mais son personnage ne casse rien. Le film de Clint Eastwood non plus.

Un autre jeune premier à un Oscar, Jeremy Renner, en soldat démineur dépêché dans le bourbier irakien dans The Hurt Locker, peut considérer sa présence surprise dans les finalistes comme une victoire en soi.

Mon choix : Jeff Bridges (Crazy Heart)

Ma prédiction : Jeff Bridges (Crazy Heart)

Acteurs de soutien

L'Oscar du meilleur second rôle masculin peut-il échapper à un acteur déjà récompensé aux Golden Globe, à Cannes et dans une trentaine de festivals internationaux? En toute logique, non. Vous pouvez parier l'argent de l'épicerie de la semaine sur l'Autrichien Christoph Waltz, le maléfique colonel Hans Landa d'Inglourious Basterds.

Dommage pour le Torontois Christopher Plummer, mis en nomination à un Oscar pour la première fois, à l'âge vénérable de 80 ans, pour son rôle de l'écrivain russe Leo Tolstoï dans The Last Station, un film passé inaperçu. Et surtout pour Stanley Tucci qui, en tueur dans The Lovely Bones, s'avère le plus sérieux adversaire de Waltz.

On a déjà vu Matt Damon autrement plus convaincant que dans Invictus, où il joue le rôle du capitaine de l'équipe de rugby d'Afrique du Sud. Quant à Woody Harrelson, en soldat chargé d'annoncer les décès de militaires à leur famille dans The Messenger, il joue du...Woody Harrelson, baveux, imperturbable et gueule carrée.

Mon choix : Christoph Waltz (Inglourious Basterds)

Ma prédiction : Christoph Waltz (Inglourious Basterds)

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