Le projet de l'Université du Québec (UQ) d'accueillir d'ici quelques années le Conservatoire de musique et d'art dramatique a beau prévoir la démolition de Place Charest, le cinéma ne devrait pas disparaître pour autant du centre-ville. Selon les informations colligées ces derniers jours, les promoteurs Jean Campeau et Geneviève Marcon souhaitent en profiter pour mener à bien le projet qu'ils caressent de longue date de faire atterrir un tel établissement au coeur de la principale artère commerciale du quartier, la rue Saint-Joseph.
La facture de l'établissement projeté dans les locaux de l'ancien magasin Assh se rapprocherait en quelque sorte du cinéma Ex-Centris à Montréal, qui présentait surtout des films de répertoire. Le cinéma du boulevard Saint-Laurent a toutefois cessé voilà un an de diffuser des longs métrages pour devenir un cabaret consacré aux événements culturels.
Question d'assurer sa rentabilité et la fidélité des cinéphiles du centre-ville, le cinéma Saint-Roch pourrait aussi diffuser des films grand public, dont les mégaproductions hollywoodiennes. Surtout que Québec compte déjà deux cinémas de répertoire, Le Clap, à Sainte-Foy, et le cinéma Cartier, qui dispose d'un seul écran.
GM Développement a refusé de confirmer ou d'infirmer les informations du Soleil. «[Jean] Campeau et [Geneviève] Marcon ont beaucoup d'idées pour Saint-Roch. Ils n'ont toutefois pas d'annonce à faire pour un cinéma dans le quartier», dit Martin Roy, relationniste embauché par les promoteurs pour traiter les requêtes des médias.
L'entreprise propriétaire de nombreux bâtiments au centre-ville de Québec reconnaît tout de même avoir déjà jonglé avec l'idée d'implanter un cinéma dans un bâtiment ayant pignon tant sur la rue Saint-Joseph que sur le boulevard Charest. Le projet lancé en 1999 est toutefois mort au feuilleton.
Par ailleurs, GM Développement se dit favorable à l'arrivée du Conservatoire de musique et d'art dramatique dans Saint-Roch, ce qui permettrait d'augmenter l'achalandage du quartier.
Cinéplex reste avec l'UQ
Il a été impossible de déterminer si GM Développement s'associera avec un distributeur de films. L'exploitant du cinéma Charest, Cinéplex, assure ne pas faire partie d'un tel projet. L'entreprise qui loue un bâtiment à l'UQ souhaite simplement demeurer à Place Charest en étant associée au projet de pavillon pour le Conservatoire. La compagnie en profiterait pour moderniser ses installations et ajouter des écrans, indique Pat Marshall, vice-présidente aux communications. Celle-ci souligne que ses salles pourraient servir durant le jour de salles de classe, l'idée ayant été testée avec succès à Toronto.
Essentiel, disent des élus
Les élus ont préféré se faire discrets sur le projet de GM Développement, mais ont tenu à souligner leur appui à la présence du septième art au coeur de Québec. «Tu ne peux pas amener des jeunes vivre au centre-ville sans cinéma. Un centre-ville sans cinéma, c'est inconcevable», dit la conseillère Julie Lemieux, responsable de la culture et du projet Saint-Roch Technoculture au comité exécutif.
Même son de cloche de la conseillère des Faubourgs, Chantal Gilbert. «Le maire veut qu'il y ait un cinéma au centre-ville. Si le cinéma Charest part de Saint-Roch, on va se retrouver 30 ans en arrière. Un cinéma, c'est un signal clair dans un centre-ville. Ça fait partie des choses qui font que les gens ont envie de rester ici.»























