«Pendant un an et demi, j'ai écrit en pensant à toi», lance la cinéaste à l'endroit de Balasko, assise à ses côtés, lors d'une rencontre avec la presse étrangère, en janvier, dans un grand hôtel de Paris. «Ma plus grande crainte, c'est qu'on ne s'entende pas. J'aurais été emmerdée. Il n'y a pas beaucoup de comédiennes comme Josiane capable d'assurer à ce point, de se ficher des apparences.»
Il est vrai que l'ex-membre de la troupe du Splendid n'apparaît pas trop à son avantage dans cette libre adaptation du roman de Muriel Barbery, L'élégance du hérisson. Mal fagotée, râleuse, volontairement enlaidie grâce à de faux sourcils, madame Michel n'a, à première vue, rien pour inspirer l'amour.
Et pourtant, un locataire d'origine japonaise de son immeuble, grand amateur de cinéma et de littérature (Togo Igawa), craquera pour elle. Avec, comme témoin, Paloma, une fillette de 11 ans, vive, allumée mais... suicidaire (Garance Le Guillermic), qui enregistre sur caméra chacun des faits et gestes de son entourage.
Son personnage, peu sympathique de prime abord, Balasko le compare à celui d'un conte de fées qui découvre l'amour à l'arrivée du prince charmant. «Madame Michel est quelqu'un d'invisible, qu'on ignore. C'est un meuble. Ce qui est intéressant, c'est de faire ressortir l'autre côté de son caractère. Elle a renié sa féminité et, petit à petit, elle va éclore telle une fleur sous le regard de monsieur Ozu, pour devenir la femme qu'elle aurait pu être.
«Dès leur première rencontre, poursuit-elle, enthousiaste, cet homme trouve la clé de son personnage. Il va découvrir immédiatement qu'elle n'est pas celle qu'elle dit être. C'est un premier contact très violent pour elle, car c'est la première personne qui la regarde et l'écoute.»
Du littéraire au visuel
Mona Achache, qui signe son premier long-métrage, a découvert le roman de Muriel Barbery avant qu'il ne devienne un best-seller. C'est une amie qui lui a refilé un exemplaire. Par le plus pur hasard, sa productrice s'était déjà mise à sa lecture lorsqu'elle lui a téléphoné pour lui dévoiler son intérêt pour l'achat des droits.
«C'est un livre extrêmement littéraire, j'ai donc cherché des astuces pour rendre le film plus visuel», explique-t-elle, en faisant référence aux séquences d'animation. «J'ai gardé les personnages qui m'avaient complètement charmée et les ai installés dans le film que j'avais envie de faire. J'ai essayé de rester fidèle à ce que j'avais ressenti en tant que lectrice.»
«Ce qui m'avait surtout intéressée à l'époque, dans le scénario, puisque je n'avais pas lu le livre, c'est l'histoire des trois personnages, renchérit Balasko. Surtout le mien, qui a un double visage. C'était formidable à jouer, ce personnage à contre-courant de ceux qu'on voit dans les films.»
Les frais de déplacement et de séjour du Soleil à Paris ont été payés par uniFrance.
Premier plan
Une chambre plongée dans l'obscurité. Munie d'une lampe de poche, une fillette se filme avec sa caméra.
Arrêt sur parole
«Ce qui importe, ce n'est pas de mourir, mais ce qu'on fait au moment où l'on meurt. Renée, qu'est-ce que vous faisiez au moment de mourir? Vous étiez prête à aimer.»
Au générique
Cote : *** 1/2
Titre : Le hérisson
Genre : drame
Réalisatrice : Mona Achache
Acteurs : Josiane Balasko, Garance Le Guillermic, Togo Igawa, Anne Brochet, Wladimir Yordanoff, Gisèle Casadesus et Jean-Luc Porraz
Salles : Cinéplex Beauport, Le Clap et Lido
Classement : général
Durée : 1h40
On aime : la sensibilité du récit, le personnage de Josiane Balasko, l'aplomb de la jeune Garance Le Guillermic, la musique de Gabriel Yared, l'épilogue
On n'aime pas : les scènes autour de la famille de la gamine











