Le cinéaste Jan Kounen (99 francs) ouvre d'ailleurs son film avec une séquence d'anthologie de plus d'une vingtaine de minutes, à l'occasion de la première houleuse de cette oeuvre phare, le 29 mai 1913, au Théâtre des Champs-Élysées, à Paris. Sa caméra capte alors toute l'hostilité de la foule, en ce soir de première. Dans la salle, une certaine Coco Chanel (Anna Mouglalis).
Les chorégraphies de Nijinski, tribales et animales, ont tout de suite l'heure de déplaire à la bonne société parisienne qui manifeste bruyamment son mécontentement à grands coups d'injures et de huées. En coulisses, c'est la panique. Stravinsky (l'acteur danois Mads Mikkelsen) se désespère de cet accueil catastrophique qui vire quasiment à l'émeute.
Sept ans plus tard, dévastée par la mort de son compagnon Boy Capel, Coco Chanel fait la connaissance de Stravinsky, dont elle admire le sens de la controverse. Dans une décision audacieuse pour l'époque, elle offrira à son amant de venir habiter dans sa ville de Garches, avec sa femme et ses quatre enfants. «Je vous demande simplement de ne pas vous mêler de sa musique», lance l'épouse de Stravinsky (Elena Morozova) à l'endroit de sa rivale.
La relation entre Coco et Igor se déclinera entre passion et création, dans une mise en scène raffinée mais plutôt froide, à l'image de ce couple adultérin. Stravinsky se consacrera à une recomposition du Sacre du printemps; Coco Chanel, à son célèbre parfum No 5, lancé à Grasse, en 1921.
Si Coco avant Chanel d'Anne Fontaine - qui se terminait là où commence Coco & Igor - proposait une vision plutôt candide de la célèbre styliste, le film de Kounen a le mérite d'en présenter une image plus près de l'originale : froide, autoritaire, indépendante, déterminée. Mais la différence ne fait pas pour autant un film inspiré et captivant. Au final, la rencontre entre cette femme insaisissable et cet homme rigide laisse plutôt de marbre.
Au générique
Cote : ** 1/2
Titre : Coco & Igor
Genre : drame historique
Réalisateur : Jan Kounen
Acteurs : Anna Mouglalis, Mads Mikkelsen, Elena Morozova, Natacha Lindinger, Grigori Manoukov et Rasha Bukvic
Salle : Cinéplex Sainte-Foy
Classement : 13 ans, érotisme
Durée : 1h58
On aime : la séquence d'ouverture sur la première du Sacre du printemps, le raffinement de la mise en scène
On n'aime pas : la froideur
des personnages et du récit,
une musique trop lourde,
une seconde partie plus faible











