Arrêté le 26 septembre 2009 à l'aéroport de Zurich, Roman Polanski était assigné depuis le 4 décembre dans son chalet de Gstaad. Le réalisateur de 76 ans est poursuivi aux États-Unis pour avoir eu des relations sexuelles avec une mineure il y a 33 ans.
Lors d'une conférence de presse, Mme Widmer-Schlumpf a notamment souligné qu'il n'était pas possible d'exclure avec certitude que Polanski ait déjà purgé autrefois la totalité de la peine aux États-Unis. Le ministère américain de la justice avait refusé de donner des précisions à ce sujet à son homologue suisse, le procès-verbal étant confidentiel.
Dans ces conditions, on ne saurait exclure que le demande d'extradition souffre d'un vice grave, a précisé la ministre dans un communiqué. Les mesures d'arrêt domiciliaire dans le chalet de Gstaad de Polanski ont donc été levées.
Profiter de sa liberté
Jugeant que son client «a été suffisamment pourchassé comme ça», l'un de ses avocats, Me Hervé Temime, a confié lundi à l'Associated Press qu'il ne s'attendait pas à cette décision de la part des autorités helvétiques. «Pour l'instant, on profite de la décision obtenue. On agira en fonction de la position des États-Unis», a-t-il dit en précisant que, pour l'heure, le cinéaste «veut profiter de sa liberté (...) après ces mois d'épreuve».
Le ministre français de la Culture et de la Communication Frédéric Mitterrand a salué «avec satisfaction la décision des autorités suisses».
Roman Polanski, note M. Mitterrand dans un communiqué, «peut enfin rejoindre la communauté des artistes qui l'ont entouré avec chaleur et respect durant plusieurs mois d'une procédure contre laquelle se sont élevées des voix aussi incontestables que celle de Milan Kundera».
«Voici venu le temps de l'apaisement. Le passé douloureux, la riche personnalité, l'oeuvre unanimement admirée de Roman Polanski retrouvent toutes leurs places», ajoute le ministre.
Ami «fou de bonheur»
Le philosophe Bernard-Henri Lévy, ami et soutien de Roman Polanski, s'est de son côté dit «fou de bonheur».
«Je lui ai parlé encore il y a une heure, et nous étions tous évidemment dans l'expectative. Et je crois qu'il est à l'instant où je vous parle fou de bonheur. Et je suis moi-même fou de bonheur», a déclaré l'écrivain sur RTL. Il s'est félicité que «la Suisse ait retrouvé le chemin de la raison, qu'elle ait refusé de céder aux injonctions de la justice spectacle. Quelle belle leçon de démocratie».
«Je suis tellement heureux. Ça fait si longtemps que nous nous battons contre ce déni de justice et ce déni de droit. Apparemment les milliers de simples citoyens qui ont travaillé pour la libération de Polanski», a-t-il ajouté.














