Le tournage du film Le sens de l'humour bat son plein actuellement à Saint-Urbain, dans Charlevoix. C'est aussi dans cette région qu'une bonne partie du film De père en flic avait été tournée en 2008. Là s'arrêtent les comparaisons - et on nous le répète sans cesse -, il ne s'agit en rien d'une suite à De père en flic.
Michel Côté a été le premier à se présenter le bout du nez à cette visite de plateau, lui qui était en rare congé de surcroît. Visiblement en forme, ravi du succès de Piché: entre ciel et terre, il joue le rôle d'un tueur en série dans cette comédie.
«C'est fantastique comme tournage. Le scénario est extrêmement original. La météo est de notre côté, nous avons une belle brochette de comédiens et avouez que le paysage de Charlevoix est assez exceptionnel. Si ça pouvait le faire découvrir à des Québécois qui choisissent les États-Unis comme lieu de vacances», disait-il, en se tournant vers les montagnes de l'arrière-pays charlevoisien, pour les besoins du film devenu Anse-au-Pic.
Un scénario qui promet
Luc (Louis-José Houde) et Marco (Benoit Brière) sont deux humoristes de second ordre qui sillonnent les petites salles de spectacle du Québec. Chaque soir, ils choisissent une tête de Turc pour faire rire leur public. Mais quand ils humilient Roger Gendron (Michel Côté), un timide cuisinier du casse-croûte de la place, les comiques déclenchent la rage de ce mésadapté social. Enfermés dans une cage, ils devront lui enseigner l'art de la comédie en échange de leurs vies.
Anne Dorval, Sonia Vachon, Pierrette Robitaille, Eveline Gélinas, Luc Senay, Pierre Collin et Alexandre Goyette font aussi partie de la distribution. Doté d'un budget de 8 millions $, le film comporte 37 jours de tournage, dont près de la moitié dans Charlevoix. Jeudi, on en était au 11e jour. Pour les besoins du film, quelque part à Saint-Urbain, on a construit une grange et une maison dans un champ (la maison des Gendron) et aménagé un cimetière tout près.
Quand Louis-José Houde s'est présenté devant les médias, il s'apprêtait à jouer la scène de leur évasion. «Je joue un jeune humoriste, ce que je faisais il y a 10 ans en fait. Mais je ne suis pas charismatique. Je dois jouer des scènes de spectacle et être mauvais, ce qui n'est pas mon but dans la vraie vie», a-t-il raconté.
Il considère comme «réconfortant» de jouer de nouveau aux côtés de Michel Côté et apprécie également se retrouver loin de Montréal. «Tu rentres dans une espèce de bulle de tournage. On est peut-être loin de Montréal, mais c'est tout ici, sauf déprimant», continuait le comique.
Benoit Brière est le troisième luron principal de cette comédie. Il ne peut que constater le talent de son jeune acolyte, parlant d'une «belle complicité spontanée» entre les deux. Sur le film, il ajoutera qu'une comédie, «c'est le point de vue d'un drame».
Encore Charlevoix
Le sens de l'humour n'est pas la première production cinématographique à se servir des décors charlevoisiens. Le film utilise les montagnes, les mêmes qu'on a si longtemps vues dans Le temps d'une paix. De père en flic avait choisi le parc des Grands-Jardins. La comédie Duo s'était inspirée du fleuve, Père et fils de Michel Boujenah aussi. Récemment, la série Malenfant a été tournée au Manoir Richelieu, sans compter les productions étrangères et les publicités tombées sous le charme de la région. Bref, Charlevoix est en train de se forger une solide réputation dans le milieu.
«Ce qu'on apprécie ici, c'est évidemment le paysage, avec les montagnes et le fleuve, nous avons tout ce dont nous avons besoin. C'est comme un aimant. On n'est pas très loin des grandes villes, près d'un aéroport, et les gens sont accueillants», expliquait le producteur Daniel Louis.
Tous les comédiens ont répété être subjugués par la beauté des lieux. Évidemment, quand on est une région touristique, pareille publicité n'est jamais de refus!










