Héen Taàk: capsules de vie en eau glacée

Josianne Desloges

Josianne Desloges
Le Soleil

(Québec) La réalisatrice montréalaise Nathalie Lasselin n'en est pas à son premier documentaire. Elle signait Not Just Green en 2004, puis Facing Darkness, tourné dans les cavernes sous-marines de la Floride, en 2006. Pour son dernier film, elle a plongé dans l'eau glacée du passage intérieur de l'Alaska.

L'exercice se veut une réflexion métaphorique sur la vie marine, des profondeurs à la surface, et sur la relation des humains avec l'eau. On y verra des baleines à bosse, des glaciers bleu vitriol, des loutres, des anémones, des épaulards, des poissons... un large éventail de formes de vie agencées dans un fragile équilibre.

L'histoire de cette faune nordique, dont plusieurs espèces sont menacées, prend une tournure anthropologique lorsque la réalisatrice se permet des incursions dans la culture tlingit, la première nation de l'Alaska, dont la manière de vivre avait très peu d'impact sur l'environnement. Ironie, l'Alaska est maintenant l'un des endroits sur la planète où les actions humaines ont fait le plus de ravages.

Une beauté poétique

Plusieurs témoignages, courts mais très parlants, des habitants du coin, font réfléchir. Ils nous atteignent davantage que la narration, un peu trop saccadée au début (elle gagne en aisance par la suite) et très touffue, de Nathalie Lasselin. On regrette parfois de ne pas avoir assez de temps pour apprécier les images, magnifiques, et l'envie nous prend de mettre la narratrice en sourdine.

Après une brève introduction où on laisse autant la parole aux animaux qu'aux humains, on plonge visiter les coraux, anémones et petits animaux. La partie tournée sous l'eau est d'une beauté poétique, mais présentée de manière classique et sans surprise. On s'ennuie des témoignages qui donnaient plus de couleur au discours.

Un autre segment plus social sur les impacts du tourisme irresponsable et une plongée brève mais fascinante dans l'épave du Princess Sophia, navire échoué en 1918 avec 343 passagers à bord, pimentent le discours contemplatif. Le tout est organisé en petites capsules, enchaînées de manière quasi aléatoire. Bien que pertinent et sensible, le message est dilué par l'absence de ligne narrative forte. La réalisatrice, qui signe également le texte, aurait eu avantage à réorganiser son discours et à le laisser respirer.


publicité

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer