Baraka: le choc du réel

Valérie Lesage
Le Soleil

(Québec) Le Cinéma Cartier ramène à l'affiche le très beau documentaire Baraka, toujours d'actualité malgré ses 17 ans. Ce film sans paroles, qui fait parler très fort les images et la musique, raconte la bêtise humaine, les blessures à la Terre, la pauvreté, mais aussi la foi et l'espoir.

Baraka s'annonce d'abord com-me une aventure paisible dans des lieux reculés et magiques, où la nature est intacte. Puis, doucement, on entre dans le mystère de la foi des hommes, leur manière de rendre grâce à un Dieu ou un autre. Les danses, les chants, les temples, en Indonésie, notamment. Éventuellement, on entre dans les villes où des images en accéléré suggèrent la course folle des hommes. Le travail à la chaîne dans les usines est montré en alternance avec l'élevage industriel des poulets. Les cages à poules s'offrent à notre regard, puis les édifices dans lesquels les humains s'entassent. L'absurdité de ces vies dénaturées. Reviennent en tête les images de ces peuples primitifs, montrées au début. Qui est le plus civilisé, au fond? L'homme des villes ou l'homme de la jungle?

Images troublantes

Viennent ensuite les images troublantes de ces gens pauvres qui cherchent de quoi survivre en fouillant dans les dépotoirs. Puis la violence des camps de concentration. La froidure du vide. L'horreur des crânes empilés. La détresse des regards de tous ces gens photographiés avant la mort. Les images de la guerre. Et puis à nouveau, la nature, l'éclipse, puis la lumière.

Sans un mot, Baraka en dit beaucoup sur notre monde. Sur la beauté et l'horreur. Sur la nature humaine et ses contradictions. Sur le génie et la bêtise. Sur l'évolution et la régression.

Les images, filmées en 70 mm, certaines dans des lieux difficilement accessibles, sont à la fois superbes et puissantes. Le montage, par association et juxtapositions, crée lui aussi un langage fort. Aussi, ce n'est pas souvent dans un état de contemplation que Baraka nous plonge. C'est plutôt dans un état de choc et de réflexion.

Au générique

Cote : *** 1/2

Titre : Baraka

Genre : documentaire

Réalisateur : Ron Fricke

Acteurs : -

Salle : Cartier

Classement : général

Durée : 1h26

On aime : la beauté et la puissance des images et du montage

On n'aime pas : ce n'est pas tellement important, mais quelques indications sur les lieux visités auraient été appréciées


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