Dans ce premier film de Christopher Thompson, Grondin s'est fait plaisir en grattant la guitare, histoire d'incarner un jeune musicien des années 80, membre d'un groupe rock qui se brûlera les ailes aux dures réalités de la vie et du vedettariat. Son expérience de batteur lui a permis de se glisser avec plus d'aisance dans les passages musicaux du film.
«J'ai appris la guitare pour le tournage. On a répété longtemps, cinq jours par semaine, quatre heures par jour pendant trois semaines, explique-t-il en entrevue téléphonique au Soleil. L'important était d'être capable d'avoir le rythme et de garder le tempo.»
Au-delà de la musique, précise Grondin, Bus Palladium est davantage une histoire d'amitié entre son personnage, Lucas, et celui de Manu, défendu par Arthur Dupont, une amitié malmenée par l'arrivée d'une ravissante et mystérieuse groupie (Élisa Sednaoui). «C'est davantage un film sur le passage à l'âge adulte et sur une amitié entre gars, des choses qu'on n'est pas habitués à voir souvent au cinéma. La musique, c'est le décor derrière.»
Même si l'époque où se déroule le film n'est jamais mentionnée ouvertement, on devine facilement les années 80. Or, les quatre membres du groupe Lust s'abreuvent davantage à la musique de la décennie précédente, les Rolling Stones en tête. Ayant grandi «entre les vinyles» de son père et lui-même fan des groupes de cette époque, Grondin avoue ne pas s'être senti dépaysé, d'autant plus que la trame sonore rétro de C.R.A.Z.Y. avait déjà mis la table.
Pas installé à Paris
Outre Bus Palladium, Grondin est à l'affiche de deux autres longs-métrages au FFM, dont les dates de sortie au Québec restent à déterminer: Le caméléon, de Jean-Paul Salomé, et Insoupçonnable, de Gabriel Le Bomin. Autant de films qui n'ont rien à voir avec son César du meilleur espoir masculin remporté l'an dernier (pour Le premier jour du reste de ta vie), puisque tournés avant l'obtention de ce prix.
L'engouement des réalisateurs français à son égard, le jeune acteur ne saurait l'expliquer. «Peut-être ai-je un rythme et une énergie différentes (des autres acteurs français de sa génération), plus off, plus nord-américains?»
Malgré son emploi du temps chargé en France, Marc-André Grondin ne délaisse pas pour autant le cinéma québécois. Il vient de terminer le premier long-métrage de Jean-Philippe Pearson, Le bonheur des autres, et Les lignes ennemies, de Denis Côté, sans oublier sa présence au générique de The Goon, du cinéaste canadien-anglais Michael Dowse, qui l'oblige à chausser les patins et à ajouter un peu de muscles à sa charpente.
Malgré ses incessants allers-retours entre Paris et Montréal, le jeune comédien ne s'est pas encore décidé à s'acheter un pied-à-terre dans la Ville lumière. «J'attends l'aubaine. De toute façon, j'ai assez de paiements à faire ici [à Montréal]...», lance-t-il à la rigolade.











