Encore cette année, c'est toute la planète cinéma qui se donne rendez-vous sur les bords du lac Ontario, jusqu'au 19 septembre, pour faire la fête à plus de 300 films en provenance d'une soixantaine de pays. Le timide «Festival of Festivals» (devenu officiellement le Festival international du film de Toronto [FIFT] en 1994) est maintenant un événement incontournable qui draine 170 millions $ dans l'économie torontoise.
Cette année marque un départ vers d'autres sommets avec l'inauguration, dimanche, du nouveau quartier général du FIFT, le Bell Lightbox, un édifice de cinq étages construit dans le quartier des divertissements au coût de près de 200 millions $. De quoi faire augmenter davantage une fréquentation évaluée à 300 000 spectateurs.
Au fil des ans, Toronto s'est imposé comme la rampe de lancement des films américains de l'automne. Slumdog Millionaire a commencé ici sa marche triomphale vers les Oscars, il y a deux ans. Au cours des 11 prochains jours, des productions de prestige tenteront d'attirer à leur tour les réflecteurs.
À sa première visite au FIFT en 20 ans, Clint Eastwood viendra présenter l'intriguant Hereafter, où le célèbre réalisateur traite de paranormal à travers le récit de trois personnages ayant composé de près ou de loin avec la mort.
Robert Redford, disparu des écrans radars de la réalisation depuis 10 ans, débarquera en ville avec The Conspirator, un drame historique sur l'assassinat d'Abraham Lincoln. Le bon vieux Woody Allen viendra aussi faire son tour pour présenter en première nord-américaine son très réussi You Will Meet a Tall Dark Stranger.
Également très attendus : Black Swan, de Daren Aronofsky (The Wrestler), qui a connu son baptême à Venise; 127 Hours, du rarement mauvais Danny Boyle; The Town, second long-métrage de (et avec) Ben Affleck; Casino Jack avec Kevin Spacey; Everything Must Go, inspiré d'une nouvelle de Raymond Carver, mettant en vedette Will Ferrell; What's Wrong with Virginia, premier long-métrage du scénariste de Milk, Dustin Lance Black, avec Ed Harris et Jennifer Connelly.
Le cinéma français n'est pas en reste avec quelques pointures de taille, dont Les petits mouchoirs, de Guillaume Canet, où une bande de copains (Jean Dujardin, Marion Cotillard, François Cluzet, etc.) part en vacances à la plage malgré un événement bouleversant. Très attendu également le dernier François Ozon, Potiche, avec une distribution alléchante formée de Catherine Deneuve, de Gérard Depardieu, de Fabrice Luchini et de Karin Viard.
Le Québec n'est pas mis de côté, loin de là, avec les Denis Villeneuve (Incendies), Robin Aubert (À l'origine d'un cri), Louis Bélanger (Route 132), Denis Côté (Curling), Catherine Martin (Trois temps après la mort d'Anna), Patrick Demers (Jaloux), Xavier Dolan (Les amours imaginaires) et Jacob Tierney (Good Neighbours), une adaptation de Chère voisine, de Chrystine Brouillet, autant de cinéastes qui tenteront de jouer la grande séduction auprès des distributeurs étrangers.
Qui dit festival dit vedettes. Toronto en regorgera au cours des prochains jours. Photographes, à vos outils de travail! Les flashs éblouiront les Clint Eastwood, Robert Redford, Woody Allen, Ben Affleck, Robert De Niro, Edward Norton, Colin Firth, Clive Owen, Catherine Deneuve, Keanu Reeves, Anthony Hopkins, Bruce Springsteen, Nicole Kidman, Helen Mirren, Matt Damon, Will Ferrell, Romain Duris, Jennifer Connelly, Ed Harris, Natalie Portman, Winona Ryder, Vincent Cassel, Hilary Swank, au total plus de 500 invités, excusez du peu.
À lire demain, le compte rendu du film d'ouverture, Score: A Hockey Musical du Torontois Michael McGowan, qui, comme son titre l'indique, mélange musique, stepettes et coups de patin. On a hâte de voir ce que ça va donner...
Les frais de séjour du Soleil à Toronto sont payés en partie par le Festival international du film.











