On le sait, Québec entretient une relation particulière avec le quatuor metal. Le récent album Death Magnetic s'est écoulé à 80 000 exemplaires, uniquement dans la province. À cela s'ajoutent deux soirées de spectacle à guichets fermés au Colisée, vendues en moins d'une heure. Devant pareilles statistiques, James Hetfield, Lars Ulrich, Kirk Hammett et Robert Trujillo pourraient rester peinards dans leurs loges, à siroter leur bière sans alcool. Pourtant, vous entendrez parler d'eux en dehors des représentations. Ils s'adresseront généreusement aux médias, comme ils l'ont fait lors de leur passage à Montréal - surveillez ces pages, lundi, pour lire notre entretien.
«Metallica n'a pas besoin de faire ces entrevues, mais quand le groupe apprécie certaines régions, il se rend disponible. Le marché québécois est important pour ce band-là et il y a là une question de respect», explique Donald Robins, de l'étiquette Warner Music, qui accompagne les musiciens aujourd'hui et demain.
Avec les ennuis que connaît l'industrie du disque, bien des vedettes internationales font un effort supplémentaire pour aller à la rencontre des fans. Chez Metallica, il semble que cela soit une seconde nature : «Ce sont des artistes qui travaillent fort et qui demeurent accessibles, ajoute M. Robins. Ça, c'est rare.»
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Ce qui est fascinant avec les Américains, c'est qu'ils trouvent même des forces dans leurs faiblesses. Là où d'autres baisseraient les bras, ils foncent; là où d'autres préféraient s'asseoir sur leurs lauriers, ils vont de l'avant. Souvenez-vous lorsque la troupe a décidé de partir en guerre contre Napster, au risque de s'aliéner des admirateurs. Plusieurs prédisaient que les fans ne leur pardonneraient pas. Metallica s'en est finalement bien sorti, nuançant sa position et provoquant la naissance de sites de téléchargements légaux. Ensuite, durant cette période trouble immortalisée dans le documentaire Some Kind of Monster (2004), les gars semblaient avoir toutes les raisons de se séparer. Ils ont préféré faire des efforts pour se réconcilier. Mieux, ils ont accepté de rendre publiques leurs engueulades peu glorieuses qui ont, au final, permis à l'album St. Anger d'être mieux digéré qu'il ne l'aurait été autrement : n'était-il pas préférable d'avoir un disque inégal du groupe culte que de ne pas en avoir du tout?
La réussite planétaire de Metallica tient par ailleurs à un marketing adroit. De ce côté, le quatuor a fait un bon boulot sans sombrer dans les excès, mettant différents projets en branle, comme l'aventure orchestrale de S&M et sachant rester présent dans l'espace médiatique, en dépit d'un rythme de parution ralenti. Et comme il ne faut pas oublier de conquérir des oreilles plus jeunes, les musiciens ont lancé le jeu vidéo Guitar Hero : Metallica.
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C'est bien beau être sympathique et disponible; batailleur et fin businessman, si vous n'avez pas de matière première, c'est-à-dire de bonnes compositions originales, interprétées brillamment, vous finissez par faire patate - à moins de vous appeler KISS. Avec Death Magnetic, les vétérans rockeurs ont renoué avec l'inspiration. Les fans ont donc toutes les raisons d'être fébriles en vue du spectacle de ce soir et de celui demain. Qui aurait cru que ceux que certains voyaient comme des arracheurs de tympans, hier, feraient l'unanimité aujourd'hui?
«Il y a des bands qui sont réellement des ?vrais? dans ce milieu et Metallica est de ceux-là», assure Donald Robins.










