À la veille du deuxième show de Metallica, j'étais dans un recoin du Colisée, occupé à jaser avec Lars Ulrich. La pièce était petite et moche, avec des murs en carton : on entendait le chanteur et guitariste James Hetfield s'adresser à un autre média depuis un local voisin. Nul doute que la bâtisse érigée en 1949 aurait besoin d'un sérieux lifting. Pourtant, le batteur de la célèbre formation était loin de s'en formaliser : «Ce bâtiment a de la personnalité. On y a joué plein de fois et je sais que plein d'autres groupes ont passé du bon temps ici.»
Aux yeux du musicien, le fait que le plafond soit plus bas qu'au Centre Bell, à Montréal, et que la capacité soit moins grande assure une certaine intimité et décuple l'énergie de la foule. En quelques mots, Ulrich a déconstruit la croyance populaire voulant que des artistes internationaux soient peu enclins à venir au Colisée en raison de ses vieilles installations...
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Revenons à l'acoustique. Ceux qui étaient présents lors du dernier passage de Roger Waters le savent : la qualité sonore était impeccable. Je n'ai pas assisté à la Symphonie des mille, en 2008, mais là encore, on n'avait que de bons mots pour ce qu'on avait servi aux tympans. Alors le Colisée est-il à blâmer pour le magma sonore qu'on entendait la fin de semaine dernière? Indirectement. Lars Ulrich : «Le problème pour nous, c'est que le toit ne peut pas supporter une partie de notre équipement. [...] On ne pouvait donc pas suspendre notre colonne de woofers [haut-parleurs de basse], qui sont habituellement situés au centre, ce qui donne une excellente balance de son. Il a fallu les mettre à un autre endroit et ce n'était pas parfait...»
Si on ajoute à ça que le répertoire musclé de Metallica accentuait la réverbération, on comprend mieux pourquoi on ne distinguait pas toujours la voix, les solos de la guitare ou la basse.
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Évidemment, un nouveau bâtiment servira mieux les artistes et le public et pourrait attirer davantage de spectacles. Le MTS Center de Winnipeg s'est distingué à ce chapitre, avec ses 175 événements annuels. Cependant, il ne faut pas se faire d'illusions. D'abord et avant tout, il faut que le public soit au rendez-vous. Si de grands noms comme Bob Dylan et David Bowie peinent à attirer les foules chez nous, ce n'est pas l'amphithéâtre qui est à blâmer. D'autre part, il faut comprendre que les U2 et Madonna de ce monde coordonnent leurs déplacements en fonction des territoires. Comme chaque journée de tournée leur coûte une fortune, ils rentabilisent les opérations en desservant le plus de régions et de fans possible avec un minimum de shows. Winnipeg n'a pas de grandes rivales dans un rayon de 700 km, mais Québec doit composer avec Montréal. Quelle ville choisiront les stars? Par ailleurs, il ne faut pas oublier le coût des billets. Une population qui peine à débourser une trentaine de dollars pour un spectacle de qualité, en salle, aura-t-elle les moyens de se payer plusieurs concerts d'envergure à 150$?
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On peut continuer à rêver d'un amphithéâtre qui nous donnerait des conditions d'écoute bonifiées. Personne ne se plaindra de pouvoir assister à un concert où le son est clair, où l'on n'est pas forcé de sortir une camisole «Dan Bigras édition 1992» pour affronter la chaleur accablante et où l'on ne se fait pas pulvériser les orteils par ses voisins de siège. Mais pour ce qui est de l'offre de spectacles, restons lucides : il n'y aura pas de révolution monstre. Dans l'attente, autant se consoler avec la «personnalité» du bon vieux Colisée.












