Même des stars comme Britney Spears et Rod Stewart voient leurs ventes de billets vivoter, rapporte le Rolling Stone. Tourneurs et diffuseurs sabrent donc dans les prix, offrant parfois des deux pour un. Les Cowboy Junkies reviennent au pays après une série de spectacles qui s'est plutôt bien passée chez nos voisins du sud. D'une ville à l'autre, la formation a cependant pu juger à quel point le milieu est mal en point.
«La seule façon pour les groupes de faire de l'argent - je ne parle pas d'être millionnaire, simplement de payer le loyer - est d'être sur la route», m'expliquait la chanteuse Margo Timmins un peu plus tôt cette semaine. «Alors tous les groupes sont sur la route continuellement. Du coup, le marché est saturé, et les promoteurs ont le choix de sélectionner n'importe qui. Parallèlement, les gens achètent moins de billets, car l'économie se porte mal. Produire un show devient donc un pari pour tout le monde : une soirée, c'est plein et tout le monde vient, l'autre personne n'est là. C'est quelque chose qu'on n'avait encore jamais vu.»
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Margo Timmins et ses compères peuvent dormir en paix face à leur retour à Québec après huit ans d'absence : des échos que j'en ai eu, les ventes se déroulent fort bien. En fait, la ville se distingue, tant sur le plan provincial que sur le plan international, car la réponse du public reste généralement bonne dans les différentes catégories de spectacles. Aussi, l'imposante offre qu'on constatait il y a un an ne s'essouffle pas, qu'importe le genre. Elle s'enrichit même avec une catégorie d'artistes qu'on voit rarement chez nous : des noms en vogue des milieux indépendants comme Tegan & Sara ou La Roux - habituellement jugés trop onéreux pour les producteurs au regard des foules qu'ils génèrent - nous visiteront à une période habituellement assez tranquille, soit en janvier et février.
Quant à nos Québécois, ils se bousculent pour sillonner la province : les cycles de parution d'albums ont raccourci et les tournées se sont allongées. Par conséquent, les grilles horaires des salles se remplissent rapidement. Arnaud Cordier, programmateur au Petit Champlain, s'attend à élaborer d'ici un mois son programme de l'automne 2010; du jamais-vu pour lui.
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Si les noms établis du Québec tournent davantage et si les artistes de l'étranger s'invitent également davantage, il y aura forcément une catégorie de créateurs qui écopera. Les portefeuilles ne sont pas sans fond, d'autant que les shows d'envergure à une centaine de dollars le billet, quoique peu nombreux, trouvent toujours preneurs. Qui en souffrira? Les plus petits, forcément. Or là encore, Québec pourrait avoir les outils pour résister. Tout dépendant de la façon dont le programme Première Ovation - qui soutient la relève - sera appliqué et concluant, la ville évitera peut-être le pire pour ses jeunes créateurs.
Pendant que la route est en déroute ailleurs, Québec a presque des allures de village gaulois. En fait, pour l'instant, ce que l'offre abondante et durable est en train de prouver, c'est que la ville est capable de bouger et d'être bonne consommatrice de culture. Mieux qu'elle ne l'a jamais été; mieux que certains l'ont estimé. L'afflux de shows qui peut insécuriser artistes et diffuseurs devient en somme un heureux casse-tête pour le public.
«Québec est devenu un marché important, conclut Arnaud Cordier. On reste le deuxième de la province, mais bien des artistes y tiennent. C'est devenu aussi important de passer par ici que de passer par Montréal...»










