La faute aux Francos, désormais mieux positionnées pour attirer les Français? Allez savoir... Les deux organisations, après s'être déchirées sur la place publique à la fin de l'été dernier, ont fini par conclure une entente quelques mois plus tard, mais elles ont gardé le silence le plus complet sur son contenu. On peut cependant imaginer que le FEQ a renoncé encore un peu plus à sa mission francophone.
C'est difficile pour l'instant d'établir une vraie comparaison entre la programmation francophone de 2010 et celle de 2009 puisque la grille n'est pas encore complétée. L'an dernier, seulement 30 % des spectacles présentés sur les Plaines, au parc de la Francophonie et à la place D'Youville étaient en français. Cette année, il n'y a pour le moment que huit spectacles en français sur les trois scènes; c'est bien peu et ça veut dire qu'il y aura des soirées totalement anglo en cours de route.
Du côté de Montréal, le mois de juin profite clairement aux FrancoFolies puisqu'elles ont réussi à attirer plus de grands noms français cette année : Raphaël, Jean-Louis Murat, Jacques Higelin, Diam's, Mickey 3D, Miossec, Emmanuelle Seigner, Gaëtan Roussel et Diane Tell (devenue plus française que québécoise).
Le FEQ, pour sa part, ne recevra pas d'artistes très connus du côté de la France, mis à part Enrico Macias et les artistes (à annoncer) qui participeront au spectacle Les chansons d'abord, en ouverture le 8 juillet. Ce concert mettra aussi en vedette des Québécois, selon le concept très réussi de Paris-Québec présenté en 2008. Avec cette seule soirée, le Festival d'été va accroître son rayonnement médiatique dans la francophonie puisque le spectacle sera diffusé sur France 3 et rejoindra un auditoire potentiel de cinq millions de téléspectateurs. Ce sera la plus grosse production télé de l'histoire du FEQ.
Il faut reconnaître ici une habile stratégie de marketing. L'émission, qui sera animée par la Française Daniela Lumbroso, sera un argument massue pour convaincre les artistes les plus renommés de venir à Québec. Qui sait, on y verra peut-être bien Johnny Hallyday? Mais en plus, ce sera une formidable vitrine à la fois pour Québec et le FEQ.
Le FEQ a donc sauvé sa couverture médiatique internationale ainsi qu'un pouvoir d'attraction auprès des artistes européens. Ce qui surprend maintenant, c'est le peu d'espace accordé aux artistes québécois francophones dans la programmation. Là-dessus, il n'y a pas de réelle concurrence avec les Francos. Alors je suis étonnée de ne voir au programme que l'énergique Damien Robitaille, le très populaire Maxime Landry et l'excellent M. Vigneault. Le FEQ n'essaie même plus de nous faire découvrir la relève de chez nous; c'est dommage. Je sais, ce n'est qu'une manière de regarder cette programmation, autrement remplie de beaux cadeaux, mais je ne peux m'empêcher de regretter ce désengagement progressif envers la langue française.












