The Lost Fingers: rose ambition

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The Lost Fingers: rose ambition

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Byron Mikaloff (guitare, voix), Christian Roberge (voix, guitare) et Alex Morissette (contrebasse)

Photothèque Le Soleil

Kathleen Lavoie
Le Soleil

(Québec) Un peu plus d'un an après la sortie de Lost in the 80's, les Lost Fingers continuent de surfer sur la vague de leur improbable succès. De retour sur disque avec Rendez-vous rose, en magasin aujourd'hui, les trois musiciens de Québec délaissent la décennie 80 pour rendre hommage à la pop francophone. Mieux encore, ils le font en compagnie d'une brochette d'invités passionnés par leur projet. Soumis à leurs bons soins, les tubes les plus kitsch prennent subitement des airs de grandeur... la prétention en moins! Le leader du trio, Byron Mikaloff, explique.

Q Vous avez convaincu un nombre impressionnant d'artistes, dont Éric Lapointe, Nanette Workman, la Compagnie créole, Daniel Lavoie et Michel Louvain, de collaborer à votre deuxième album, Rendez-vous rose. Comment s'est déroulé l'enregistrement avec toutes ces vedettes?

R Ç'a été tumultueux comme expérience, mais je suis très fier du résultat! Tu travailles avec des gens, des personnalités différentes. Mais on est chanceux : tout le monde a été très positif. De notre côté, on n'a jamais aussi bien joué de la guitare!

Q Pourquoi avoir, après les années 80, jeté votre dévolu sur la pop francophone?

R Depuis le début de notre histoire, on se promène partout dans le monde, en Espagne, etc. Si on vit tout ça, c'est grâce à la population du Québec, qui a été la première à nous appuyer. Ailleurs, l'album vient juste de sortir, mais au Québec, ça fait plus longtemps. Ce qu'on voulait, c'était de faire un beau cadeau au peuple québécois dans sa langue.

Q Comment avez-vous choisi les pièces qui figurent sur ce disque?

R Ç'a été dur parce qu'il n'y a pas tant d'artistes que ça qui chantent en français... On a pigé nos tounes un peu partout.  C'est très large. Ça va de Ça plane pour moi (Plastic Bertrand) à La dame en bleu (Michel Louvain)!

Q On retrouve aussi des pièces comme le Aimes-tu la vie? de Boule Noire, interprétée par Éric Lapointe et Steve Hill, ou le Lady Marmelade de Nanette. Qu'avez-vous découvert de la rencontre avec chacun de ces artistes?

R Ce qu'on a découvert, c'est que pour que ça marche avec notre musique, ça prend vraiment des excellents chanteurs. On ne peut pas se contenter de mettre de l'écho sur une voix. Les meilleures performances sur l'album sont celles où les chanteurs étaient les meilleurs. De notre côté, on a tripé comme des gamins. Eux aussi, je pense qu'ils ont tripé. Ce sont tous des artistes qui l'ont fait pour le plaisir. Éric Lapointe s'est tellement donné! Le monde s'est vraiment forcé... Pour un album francophone, on ne pouvait pas faire mieux.

Q Qu'en est-il sur le plan musical? Les Lost Fingers logent-ils toujours à l'enseigne du jazz manouche?

R Oui, mais que ce soit au niveau sonore, au niveau instrumental, au niveau des arrangements, c'est vraiment une coche au-dessus. Pour nous, c'était vraiment motivant de voir que tout le monde était dedans. Souvent, dans ce milieu-là, les gens font les choses pour le chèque de paie. Mais là, ce n'était pas le cas. On voit qu'il y a vraiment une cote d'amour élevée pour les Lost Fingers. Les gens comprennent notre trip. Autant ceux qui regardent Radio-Canada que ceux qui regardent TQS. Autant les fillettes de quatre ans que les ados de 16 ans, que leurs parents ou leurs grands-parents.

Q Comment expliques-tu que votre musique parvienne à transcender les générations?

R C'est parce le jazz manouche, ça swingue! Les gens aiment ça, mais ils ne savent juste pas où aller le chercher...

Q Que devront-ils faire pour vous trouver au cours des prochains mois?

R Cet été, on fait des festivals [au Festival d'été, le 9 juillet, sur les plaines]. Ensuite, il y aura la Belgique. Cet automne, on va faire un gros sweep dans le sud de la France, en Espagne, en Méditerranée, en Turquie. À cause d'une annonce de bière, on a un bon fan base en Espagne. En France, ça va encore bien même s'il y a des problèmes avec la compagnie de disques Sony. À l'automne, on va également sortir l'album [Lost in the 80's] aux États-Unis sur l'étiquette Red [Sony]. Là-bas, ils tripent. Ils trouvent ça hors du commun. Ensuite, ça va aller en janvier 2010. Le patron des gitans, Marcel Campion, qui est aussi un fan de Django Reinhardt, nous a invités à participer à un événement au Casino de Paris à l'occasion du 100e anniversaire de la naissance de Django... Ça va être pas mal cool!

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