Vincent Vallières: l'évolution tranquille

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Vincent Vallières: l\'évolution tranquille

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«J'écoute mon premier disque et je sens que j'ai progressé depuis. Mais je sens que j'ai beaucoup à faire encore. Je n'ai pas le sentiment d'être arrivé à mes fins. L'idée de se dépasser est une motivation.» - Vincent Vallières

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Valérie Lesage
Le Soleil

(Québec) Il y a des artistes dont la carrière explose à peine mise au monde. Et on se demande toujours si la bulle va éclater, si le succès va durer, si le bébé pourra grandir. Vincent Vallières, lui, a mis du temps à se faire un nom, mais maintenant, on se dit qu'il ne peut plus nous échapper.

En attendant le soleil, le premier extrait de son cinquième album, trône en première position du top BDS depuis six semaines, un sommet que Vallières ne s'attendait pas à franchir aussi vite, même si le succès s'était pointé le nez avec les chansons de son précédent album, Le repère tranquille, Café Lézard avait même été en nomination pour la chanson de l'année en 2008.

«Je n'avais jamais eu de numéro un avant. Je me suis arrêté en deuxième position avec Je pars à pied, sur l'autre album. En première position, c'était Dégénérations de Mes Aïeux... Y avait rien à faire contre ça!» lance-t-il en riant.

Vallières touche au succès avec humilité, il n'est pas du genre à dire qu'il laisse sa marque dans le répertoire québécois. C'est face à lui-même qu'il se mesure.

«J'écoute mon premier disque et je sens que j'ai progressé depuis. Mais je sens que j'ai beaucoup à faire encore. Je n'ai pas le sentiment d'être arrivé à mes fins. L'idée de se dépasser est une motivation.»

Comme les autres disques de Vallières, Le monde tourne fort est traversé par les thèmes du temps et de l'espace, mais sans doute autrement qu'aux premiers pas.

«L'arrivée de mes enfants [il en a trois] et le fait d'habiter Magog [après Montréal] a changé mon rapport au temps et à l'espace. Mais j'ai tendance à penser que c'est une préoccupation de tous de se projeter dans l'avenir et de faire des retours en arrière.»

Vallières a sans doute raison, d'autant que ses chansons semblent toujours très proches des gens. Quand il joue en concert, le lien de proximité entre sa musique et le public est palpable. L'auteur-compositeur-interprète s'est essayé parfois à des chansons hors du quotidien, plus proches de la politique ou des enjeux historiques et, chaque fois, il les a mises de côté. Elles lui paraissaient moins réussies.

«Mon désir - et ce n'est peut-être pas vendeur de dire ça -, ce n'est pas de surprendre à tout prix. C'est d'écrire quelque chose d'efficace, de simple, de senti. Pour me développer comme auteur-compositeur, il faut que j'écrive beaucoup. Je ne crois pas aux chansons qui te tombent dessus. Enfin, c'est rare. Les chansons deviennent quelque chose à force d'écriture et de réécriture.»

Mentor

Pour ce nouvel album, Vincent Vallières a changé de réalisateur. Éric Goulet (Les chiens) a été son mentor, Olivier Langevin, qui joue aussi de la guitare sur le disque, arrive à la réalisation comme un frère de musique. Même âge, amitié solide, soif d'apprendre.

«Quand il prend une guitare, il se passe quelque chose. Il est habité par le feu sacré. C'est un disque de guitare qu'on a fait, mais il n'y a pas de power play. La guitare appuie les chansons. Olivier a une perspective globale de la chanson et il y a peu de musiciens qui ont ça», remarque Vallières.

L'artiste dit aussi de Langevin qu'il a un bon instinct pour les mots. Ceux qu'il faut enlever ou ajouter ici et là, pour que tout coule de source. Comme l'écriture devient une préoccupation de plus en plus importante pour Vallières, le tandem fonctionnait bien.

«De disque en disque, je me rends compte que je passe de plus en plus de temps à écrire. J'avais beaucoup plus de certitudes en commençant que j'en ai maintenant. Cela dit, il ne faut pas piocher sur une toune trop longtemps parce qu'elle perd de l'énergie et de la fraîcheur. En tout cas, pour moi, dans mon cheminement, c'est comme ça.»

Une préférée dans la douzaine de nouvelles chansons? Vincent Vallières nomme d'emblée On va s'aimer encore, importante pour lui.

«C'est très apaisant de se projeter dans le bonheur, dans l'amour. À une époque où tout est jetable, remplaçable, l'idée qu'on sera ensemble encore pour toujours, le fait d'y croire, ça fait du bien.»

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