Q Votre nouvel album s'appelle Bread & Buddha. Pourquoi ce titre?
R Je pense que ce titre est comme ceux de mes autres albums : il parle d'opposition. Bread & Buddha, pour moi, c'est l'indication que je joue de la musique de la terre et du paradis. Je considère le blues comme étant la musique de la terre, du pain quotidien, et la musique indienne d'évoquer le paradis, d'une certaine façon.
Q Votre côté musique indienne semble toutefois être de plus en plus subtil.
R Oui, en effet. Ça fait déjà 10 ans que j'ai quitté l'Inde. Même si j'ai vécu là durant 12 ans, je suis de plus en plus influencé par la musique de l'Ouest. La musique indienne fait partie de ce que je fais, mais sous la surface. C'est toujours là et ça colore mon approche.
Q L'Inde vous manque-t-elle?
R Quelqu'un m'a déjà dit : «Quand tu as compris le message, raccroche le téléphone.» L'Inde, ç'a été ça pour moi. J'ai eu assez de temps pour comprendre le message. Maintenant, c'est une partie de ma musique, comme le blues avec lequel j'ai commencé. Toutes ces choses font partie de moi comme artiste.
Q Où puisez-vous votre inspiration aujourd'hui?
R Je ne suis pas sûr moi-même d'où vient mon inspiration. La première chanson sur l'album, Nine Summers Lost, a été écrite pendant que j'étais à Toronto, il y a deux ans. Durant le mois de juillet, neuf jeunes de 15 ans sont morts tués par balles. J'ai écrit cette chanson à propos d'eux. Mon inspiration vient des choses que je vois autour de moi et qui arrivent aux gens qui m'entourent ou à moi-même.
Q En 2006, à la parution de votre dernier album solo, Mantras for Madmen, vous aviez dit que vous approchiez de l'album ultime. Avez-vous toujours cette impression?
R Je me sens comme ça à chaque album. Je sens que cet album est le mieux que je peux faire à ce moment-là et qu'il est tout ce que je pouvais dire jusque-là. Mais je suppose toujours que je vais grandir et aller vers autre chose. Je suis très satisfait de Bread & Buddha. J'ai commencé en voulant dire quelque chose et c'est ce que j'ai fait. Je crois cependant qu'il faut toujours penser au prochain album.
Q Qu'est-ce qui vous motive à produire les albums à une aussi grande vitesse?
R C'est peut-être mon âge. J'ai 54 ans et quand j'ai commencé à faire mon premier album, il y a neuf ans, j'ai senti que je devais le faire maintenant, sinon je ne le ferais jamais. Ça n'a jamais été un effort surhumain pour moi de faire un album par année. Dès que j'ai fini de faire un album, je travaille sur le prochain. Je me suis habitué à ce rythme. C'est ce que je désirais.
Q Une de vos chansons se trouve sur la bande sonore du film The Timekeeper, du réalisateur québécois Louis Bélanger. Comment cela est-il arrivé?
R Louis Bélanger aime ma musique depuis un bon bout de temps. Je suis familier avec son frère Guy, le musicien de blues. Ils m'ont dit qu'ils voulaient ma musique pour leur prochain film. Je suis venu à Montréal et nous avons enregistré une chanson, Guy à l'harmonica et moi avec mes guitares. J'aime beaucoup ce qu'ils ont fait.
Q Aimeriez-vous recommencer l'expérience?
R Oui, ça m'intéresse beaucoup. Ma musique est parfois très aérienne et planante. C'est un sentiment qui peut amener les gens ailleurs. Ce genre de musique se marie bien avec des films.
Q Quand vous venez au Québec, est-ce que la relation avec le public francophone est différente?
R Oui. J'essaie présentement d'apprendre le français, parce que c'est difficile de communiquer avec le public. Par contre, la musique n'a pas de barrière de langage. Peut-être est-ce à cause de l'émotion transportée par la musique. Les gens sont émus même s'ils ne parlent pas anglais.











